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Amateur de cacophonie et de pop adolescente, de disques vinyles et de chats. Petit, je dressais des listes énumérant tout le mal que le Canada et le RnB avaient infligés à nos oreilles... puis plus tard je n’écoutais plus que ça. Restons curieux.

Top 2017 – Reno – Afreakin’ Awesome

Tout comme l’an passé, une grosse partie de mon année musicale a été consacrée à l’écoute de musiques issues d’une tripotée de pays africains et sud-américains. J’ai un faible pour tout l’Afro-Funk sorti entre ’75 et ’85 et que des labels comme Analog Africa, Soundways, Sublime Frequencies, Strut, Luaka Bop, Now Again, Knitting Factory, Soul Jazz et j’en passe compilent et rééditent chaque année avec amour et en toute légalité (ces labels se cassent le cul pour obtenir les droits et reverser des droits d’auteurs aux artistes). Voici donc une compilation éclectique de mes coups de cœur de l’année.

 

Top 2017 – Reno – Albums

Et voici mesdames et messieurs, sans plus attendre, mes 15 albums préférés de 2017, et ce dans leur ordre le plus alphabétique car lorsque les terroristes nous aurons tout pris, l’alphabet sera tout ce qu’il nous restera. L’alphabet et les frites. Ils ne parviendront pas à prendre nos frites

Alvvays – Antisocialites

J’avais beaucoup aimé leur premier album il y a deux ans mais celui-ci le surpasse. Aucune chanson ici n’atteint la perfection pop et la gratification l’instantanée d’un « Archie, Marry-Me » mais on a droit à une succession de petites perles entêtantes de nostalgie. La première écoute passe inaperçue mais on se prend à y revenir constamment, et au final ce fut un des albums que j’ai le plus écouté en 2017. « Dreams Tonight » est parfaite dans son style retro rêveur et son clip ou on y voit le groupe incruste dans les images d’archives de l’expo universelle 1967 de Montréal est un petit bijou. On peut reprocher au groupe d’abuser de la même formule mais ils parviennent à rester du bon côté de la nostalgie. Seul bémol, je me serais passé de « Lollipop » qui rappelle plus les mauvais groupes 60s manufacturés pour adolescents.

Cloud Nothings – Life Without Sound

« Life without sound » c’est un peu l’album gueule de bois après « Here and Nowhere Else » (cfr best-of 2014).  La ou son prédécesseur enchainait les hits indie-punk à un rythme effréné, ici on est dans la réflexion la gerbe aux lèvres dès la première chanson. La crise d’adolescence se termine (même si le ton faux rebelle nerd du chanteur est toujours bien présent) et on se pose des questions sur l’avenir (« I want a life, that’s all I need lately »). Mais on continue à boire des bières en beuglant. Et ça c’est cool.

Emily Haines & The Soft Skeleton – Choir of the Mind

Cet album aurait pu sortir en 2007, l’année après « Knives don’t Have your back ». C’est dans son exact lignée. Sauf que ça lui aura pris 10 ans à faire cette suite. Je pensais que Emily Haines était a jamais perdue a Metric, son groupe de rock badaud, résolument beige, mais elle nous a sorti cette année un nouvel album solo surprise. En l’écoutant, c’est a se demander ce qu’elle fou avec eux tellement sa production solo est supérieure. Le disque est truffé de ballades au pianos, dérivant dans des séquences électro entrainées par des boites à rythmes ou elle peut superpose sa voix râpeuse.  Franchement, Mimile (Tu permets que je t’appelle Mimile?), lache ces relous de Metric..

Faber – Wem du’s heute kannst Besorgen

Faber c’est mon groupe germanophone de l’année, de loin. Je dis germanophone parce qu’il n’est pas allemand mais Suisse. Quand j’y pense, je ne suis pas sur de pouvoir nommer un autre artiste suisse allemand. La vache milka peut-être. Mais c’est peut-être raciste ça. Je dis de loin car les autres albums allemands que j’ai écoutés cette année (mon petit péché mignon) ne m’ont absolument rien fait – les allemands semblent beaucoup apprécier l’électro hip hop second degré ces temps-ci. Hermétique. Mais voilà, celui-ci est un petit bijou. Instrumentation de fanfare aux teintes gitanes (cote Beirut) ou bien valses au piano accompagnée de sa voix cassée. J’y entends même des cote Cohen dans le chanté-parlé (« Lass mich nicht Los »). Les textes et les clips sont bourrés d’humour outsider en plus. Je conseille fortement même si on n’a pas forcement d’affinités avec la langue.

Grandaddy – Last Place

Grandaddy c’est comme une paire de vieille pantoufle qu’on n’a plus mis depuis longtemps. On les retrouve par hasard, on n’y pensait plus. Elles rappellent de bon souvenir mais bon, les tissus écossais c’est plus très mode. On les regarde de loin et sans trop y penser on les réessaye. Puis on s’y sent bien. Très bien même. Ils n’ont pas changé. Nappes de synthés, mélodies sifflotantes, contes humoristiques sur l’aliénation (« Way we won’t » raconte l’histoire d’un mec qui emménage sur le toit d’un strip-mall. « Cinnamon smells and holiday sales, why would we ever move? ») et la voix de Jason Lytle qui n’a pas changé non plus. Malheureusement leur retour triomphal a été endeuille par la mort de leur bassiste, j’espère tout de même qu’ils continueront sur cette belle lancée..

Idles – Brutalism

Mon album couillu de l’année. Simple, cru, vulgaire, bruyant, en colère, intelligent, marrant, viscéral. Du punk anglais pur jus a slogans (« The best way to scare a Tory is to read and get rich!”). Le meilleur “Mother… Fucker…” depuis “Killing in the name of”. Simplement parfait dans son style. Hâte de gueuler avec eux a un concert un de ces jours.

Jean-Michel Blais & CFCF – Two Mirrors

Jean-Michel avait place « Il » dans mon top albums l’an passé. Un album de piano solo dans la lignée directe de Philip Glass (dont il a repris la chanson d’ouverture de « Glassworks » a un récent concert auquel j’ai pu assister). Il revient ici avec une collaboration avec CFCF (que je ne connais pas vraiment) qui me semble être la suite logique de « Il ». Musique méditative, virevoltant constamment entre le sublime et l’ascenseur, parfois simultanément.

John Maus – Screen Memories

Une voix grave et distante enterrée sous les sons électroniques de claviers 80s. Des mots répétés sans cesse comme des mantras sans queue ni tête. Une des performances scéniques les plus physique que j’aie vu. Le gars crie, hurle, grogne, cours, agite ses bras comme de desespoir, est pris de balancements autistiques, tape sa tête avec son micro, semble accoucher de sa musique dans la douleur… pour finir avec un grand sourire et un petit « thank you » apres sa chanson. Je l’avais rate il y a 7ans, et vu ses activités parallèles (doctorat en philosophie, actif dans le domaine) je ne pensais pas le revoir un jour. Unique.

Kendrick Lamar – Damn

Honnêtement je ne peux pas dire grand-chose qui n’ait été dit et redit. Musicalement « To Pimp a Butterfly » était supérieur mais les textes ici sont excellents et la narration circulaire de l’opus impressionnante. Après trois albums de ce niveau (en plus d’une collection de chansons abandonnées qui feraient les choux gras de la plupart des artistes) j’espère qu’il pourra maintenir le cap. Un des rares qui parvient a combiner un succès populaire avec un succès artistique total.

Mount Kimbie – Love What Survives

Novice total en ce qui concerne Mount Kimbie (que je connaissais de nom ainsi que pour sa pochette avec le gros cul) j’ai été attiré a cet album pour les deux collaborations avec James Blake. Ils évoluent dans cette même sphère qu’occupent les Nicolas Jaar, Burial et Blake, spécialistes de la création d’ambiances sonores électroniques, avec un soucis permanent de la production, insérant regulierement quelques lignes mélodiques pour attirer le chaland. Tout ici est excellent. King Krule y fait aussi une apparition.

Neil Young – Hitchhiker

Hitchhiker a été enregistré en 1976, époque Zuma, tout seul en une soirée. Purement acoustique. Puis il l’a laissé macérer 41 ans avant de le sortir. Enfin, pas complètement puisque certaines des chansons sont sorties dans d’autres versions réenregistrées avec Crazy Horse dans les années qui ont suivi (trois ont fini sur « Rust Never Sleeps »). Reste qu’à cette époque Neil Young était à l’un de ses pics et qu’on se demande pourquoi il a attendu aussi longtemps sans raison apparente. Je ne pense pas que le vieux Neil va se trouver un nouveau public avec ce disque, mais pour ses fans c’est de l’or en barres.

Queens of the Stone Age – Vilains

DUn bon Queens dans la lignée de « Like Clockwork ». Mark Ronson a la production, bon, on aurait pu mieux faire. Tant pis si Josh Homme est un gros méchant qui donne des coups de pieds aux photographes. Ça fait peut-être de moi un horrible mais ça m’a un peu fait marrer quand même. Il a ses humeurs et ses problèmes. Et ses procès au cul j’imagine (mérités).

Sampha – Process

Mélange habile de soul, hip hop et électro, un de mes « nouveaux artistes » préférés de cette année 2017. « No one knows me like the piano » (in my mother’s home) est une des plus belles ballades de l’année, de loin, et “Blood on Me” fait bouger les culs. Que demande le peuple.

Wolf Parade – Cry Cry Cry

Que serait une année musicale sans un album de Spencer Krug ou Dan Boeckner dans mon top ? Un échec, ça je vous le dit! Alors un album des deux ensemble, réunis dans un Wolf Parade comme aux premiers jours, et le tout avec une joie de vivre contagieuse et bien ça c’est une bonne année. Je les aime tellement ces deux-là que ca me fait extrêmement plaisir de les voir relancer cette vieille machine, repartir en tournée pour les bonnes raisons. On parle pas de faire du cash ici. Ils pondent un nouvel album qui rivalise facilement avec le Wolf Parade 2004-2007 et jouent sur scène comme des machines de guerre, rodes qu’ils sont par leurs expériences respectives. Mon seul reproche c’est d’avoir fait l’impasse sur Montréal pour l’instant, leur berceau, mais ils ont promis de passer en 2018. Et j’y serai. Prêt a marmonner les paroles de « Lazarus Online » et à lever mon poing sur le cuivres de « Baby Blue » qui promet d’être une tuerie en live.

Resistance Radio – The Man in the High Castle OST

Plus ou moins a égalité avec Alvvays pour le nombre d’écoute en 2017 vient cette compilation orchestrée par Danger Mouse pour la bande son de la série « The Man in the High Castle » (Saison 1 commence bien, fini mal, saison 2 pas mal). Il a reçu le mandat d’enregistrer des reprises de chansons parues avant les années 1960 (date a laquelle se passe la série). Résultat il invite ses amis (Sharon Van Etten, Beck, MGMT, Grandaddy, Norah Jones, Angel Olsen, Shins, Kiwanuka,…) a reprendre des classiques (End of the world, Unchained Melody, Love Hurts, etc) sur ses pistes instrumentales. Tout n’est pas d’une originalité folle, mais ca fonctionne a merveille et s’écoute et se réécoute avec beaucoup de plaisir. Un nouveau classique pour les diners entre amis (ca tombe bien, Norah Jones est dessus).

Top 2017 – Reno – Singles

2017singlesreno

2017 Round 1 : Fight!

Liste alphabétique de mes chansons préférées de 2017, sorties en 2017… et qui ne figurent pas sur mes albums préférés de l’année bien sûr, cela va de soi :

Ala.ni – Cherry Blossoms

Petite ritournelle qui aurait pu sortir en 1940, un piano qui rappelle Billie Holiday avec une voix délicieuse.

Algiers – The Underside of Power

S’ils étaient parvenus a maintenir la même qualité sur la deuxième moitié de leur album ils seraient dans mon top album sans problème. Ils l’ont frôlé rien que sur la force des quelques premières chansons. Cette chanson donne envie de danser et de péter des trucs.

At the Drive-In – Governed by Contagions

Je ne sais pas très bien qui voulait un nouvel album d’At the Drive In. Ça ne pouvait pas être a la hauteur de leur production de la deuxième moitié des années 90. Reste qu’ils ont livré quelque chose de relativement solide, avec même quelques chansons qui se mélangent bien à leur catalogue durant les concerts, et surtout ce n’est pas déshonorant comme j’en avais peur.

Beck – Up All Night

Beck est de bonne humeur en 2017, je suis content pour lui. Il sort un album moyen certes, mais avec quelques trucs qui s’écoutent sans déplaisir, foutent de bonne humeur et passent même très bien en soirée! En fait je préfère ce Beck-ci au Beck gnan gnan de Morning Phase.

Chad VanGaalen – Mind Hijacker’s Curse

Je suis loin d’aimer tout Chad, et le concert que j’ai vu cette année était assez moyen, mais cette chanson a des airs d’Arcade Fire époque premier EP en 2004 qui n’est pas pour me déplaire. Donc pendant qu’Arcade Fire fait de la daube et bien Chad bouchera le trou.

King Krule – Dum Surfer

Encore un qui rate mon top albums de peu (avec The OOZ), mais cette chanson est peut-etre ma préférée de l’année. Élocution agressive et je m’en foutiste sur une bande son sortie tout droit d’un film de Lynch, je suis très client. Clip fantastique.

Nnamdi Obgonnaya – Don’t turn me off

Mélange de TV on the Radio et de Busdriver. Nice.

Perfume Genius – Slip Away

Beaucoup de chemin parcouru depuis ses débuts intimistes (“Learning” était un de mes albums préfères de 2010). Ici on du gros son boombastic pour en faire une des chansons les plus fortes de 2017. Le côté très queer de certaines de ses nouvelles chansons me laissent parfois un peu sur le cote de la route mais c’est cool. Aussi un des tout bons concerts de 2017.

Pierre Kwenders – Sexus Plexus Nexus

Mélange de rumba congolaise, électro et chanson Québécoise. Chouette type aux gouts vestimentaires douteux.

Priests – JJ

Bikini Kill pour l’administration Trump. Punk as fuck.

Public Service Broadcasting – People Will Always Need Coal

Un album sur le déclin de l’industrie minière british dans les années 70s ? D’accord Public Service, faites ce que vous voulez.

Robert Plant – The May Queen

Une de mes petites surprises de l’année. Je n’aurais pas cru aimer un album de Bernard Plante un jour mais sa voix est devenue magnifique et se mêle bien à ces instrumentations hippies, parfaites pour taper sur des tambours en cercle pendant que Robert danse nu autour du feu.

Spoon – Shotgun

Un jour Spoon seront dans mes top albums. Ils sortent tout le temps des super bons disques, quoique manquant parfois un peu de personnalité. Reste que la voix de Britt Daniel quand il s’énerve sur fond de guitares angulaires vient toucher ma corde sensible.

The National – Turtleneck

Si seulement National avait pu pondre un album complet de Turtlenecks plutôt que de bourrer leur disque de ballades en pilote automatique. Ils l’ont encore en eux, faut juste que ca remonte a la surface plus souvent. Allez les gars on se secoue.

Tim Darcy – Still Waking Up

Le chanteur de Ought qui decide de chanter comme Roy Orbison. Juste parfait.

top 2016 – Reno – Pt 3/3 – Play that funky music white boy

J’ai passé beaucoup de temps en 2016 dans les compiles des labels Soul Jazz, Finders Keepers, Mississippi Records, Luaka Bop et Now-Again. Je vous présente donc ma compile des compiles de funky sounds. Je ne sais à peu près rien sur chacun de ces artistes, je vous laisse donc écouter tranquille et je me contenterai d’indiquer d’où ça vient. La plupart de ces morceaux sont introuvables sur spotify donc pour un temps limite, voici un lien pour un téléchargement direct (chut) :

Telecharger ici…

Afida Es & The Siglap Boys – Jangan Goda

Pop yeh-yeh malaisienne des années 60s.

Ervin Rucker – She’s Alright

Soul américaine des 60s

Fabio – lindo sonho delirate

Psyche Brésilienne des 60s

Formulars Dance Band – Never Never Let Me Down

Rock Nigérian des 70s

Georgette Sayegh – Ya Nassini

Psyché libanaise des 70s

Johnny Osbourne – Cant Buy My Love

Reggae Jamaïcain des 70s

  1. Osman & Orkes Nirwana – Kisah Disampang

Rock Malaisien des 60s

Marko Haavisto & Poutahaukat – Paha Vaanii

Rock Finlandais du début des années 2000, la chanson de M Osman m’a tout de suite fait pense a cette chanson de la BO de The man without a Past de Kaurismaki

Novos Baianos – America Tropical

Psyché Brésilienne 70s

Orchestre Poly-Rythmo De Cotonou Dahomey – Minsato Le, Mi Deyihome

Rock Béninois des 70s

Senior Soul – Is It Because I’m Black

Reggae Jamaïcain des 70s, reprise du classique de Syl Johnson

Shye Ben Tzur, Jonny Greenwood and The Rajasthan Express – Junun

Tirée de l’album paru en 2015 en collaboration avec Johnny Greenwood de Radiohead

The Abyssinians – Satta Massagana

Reggae Jamaïcain des 70s

The Valdons – All Day Long

Soul américaine 70s, grosse influence Curtis Mayfield

Tim Maia – Nco Quero Dinheiro (Ss Quero Amar)

Godfather of Soul brésilien, 70s

Wal Santana – Que Vida E Essa

Rock Brésilien 70s

Wells Fargo – Coming Home

Rock Garage Zimbabwéen des 70s

X’lents – psychedelia

Psyché indienne des 70s

top 2016 – reno – pt 2/3 – Albums

Mes 16 albums préférés de 2016, dans l’ordre alphabétique

Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter

Son album précèdent (Les ombres longues) m’avait déjà séduit, et j’avais inclus une chanson dans mon top Singles l’an passé. La formule n’a pas énormément change. Une voix profonde et ténébreuse qui chante des textes sur la mort, les écrasements d’avion et les peines diverses sur des arrangements délicats. Pas vraiment un disque pour réchauffer l’ambiance donc mais c’est extrêmement bien réalisé et on se fait vite happer par son univers. Cerise sur le gâteau, le bonhomme est en réalité fort sympathique et marrant en concert. Je l’ai récemment vu au festival hivernal en plein air « Noel dans le Parc » (ou il jouait dans un petit chalet en bois), et il ironisait pas mal sur le fait qu’aucune de ses chansons n’étaient appropriées pour l’évènement…

Car Seat Headrest – Teens of Denial

Probablement mon concert de l’année. 250 personnes dans un bar qui connaissent toutes les paroles et dansent dans tous les sens. Un groupe bien énervé. Une reprise sale de Blackstar de Bowie et l’agréable impression d’assister a un concert qu’on se remémorera dans 10ans quand le groupe aura été promu a des salles bien plus grandes. Lorsque je suis tombe sur le single « Vincent » avant la parution de l’album, je l’ai rejoué 5 fois de suite. Quelque chose dans la voix détachée, les guitares stridentes, les accélérations, les changements de rythmes, les enchevêtrements de mélodies et un cote sing-along génial. Puis l’album est paru. Douze chansons, qui contiennent probablement chacune 3 ou 4 chansons différentes. Ca déborde tellement d’idées que c’en est limite indécent. Et entêtant en plus.

Damien Jurado – Visions of Us on the Land

Ultime disque de la trilogie que Damien Jurado a commencé avec Maraqopa. Le tout raconte parait-il une histoire cohérente mais je dois bien avoue que je comprends rien. Ou du moins je n’ai jamais pris la peine d’essayer de comprendre la narrative. Sa musique me donne toujours l’impression d’écouter un groupe jouer une musique rêveuse et magnifique à travers une porte. On ouvre la porte et la pièce est vide. Ou du moins on s’est endormi et tous ses sons bercent des rêves psychédéliques. Je m’en fou de l’histoire en fait.

Daughter – Not to Disappear

« Doing the Right Thing » vient me chercher a chaque fois. Un coup de maitre. La chanson raconte à la première personne l’histoire d’une malade d’Alzheimer qui sombre peu à peu dans l’oubli. Une longue descente avec des moments de lucidité déchirants. Probablement le couplet qui m’a le plus touche cette année :

“And I’ll walk around, because it’s so nice outside and I like the way the sun feels

And when it’s dark I’ll call out in the night for my mother, but she isn’t coming back for me

Because she’s already gone

But you will not tell me that because you know it hurts me every time you say it

And you know you are doing the right thing”

Boom. Le reste de l’album n’est pas toujours à la hauteur de ce morceau mais reste d’excellente facture avec ses tonalites de guitare mélancolique et une profonde nostalgie qui s’en dégage. J’ai complètement loupe leur premier album (et toujours pas écouté depuis) et leur passage Montréalais malheureusement, mais c’est probablement une musique qui s’écoute mieux seul dans le noir.

David Bowie – Blackstar

Je ne pense pas avoir besoin de m’étaler particulièrement sur cet album. Un chef d’œuvre inattendu en tant que cadeau d’adieu d’un de mes artistes préférés. « The Next Day » avait de bons moments mais ne laissait aucunement présager qu’il était encore capable de cela. Un dernier revirement sonique complet. Teinté de jazz et d’expérimentations soniques, c’est incroyable d’imaginer qu’il a quasiment tout maquette tranquillement chez lui sur un petit enregistreur, jouant de tous les instruments, avant de l’amener au groupe qu’il avait assemble. Et encore plus impensable qu’il n’en aura plus d’autre.

Hamilton Leithauser + Rostam – I Had A Dream That You Were Mine

Je n’attendais pas énormément de ce nouvel opus de Hamilton Leithauser sans les Walkmen. Seulement voilà, il s’est acoquine avec Rostam, le multi-instrumentaliste de Vampire Weekend et il retrouve ici l’ancrage mélodique qui lui manquait sur ses derniers disques solo. Sa voix reste reconnaissable entre mille et le disque n’a clairement pas pour objectif de s’éloigner des sentiers qu’il a déjà battus et rebattus. Il en rigole d’ailleurs, chantant « “I use the saaaaaaaaame voice, I always had”. Seulement bien accompagne la sauce prend.

Iggy Pop – Post-Pop Depression

Il y a dix ans, Iggy sortait un album rempli de feats avec Sum41 et Green Day. Puis il a sorti des disques ou il reprenait « La javanaise » et « Michelle ». Bref, il était fini. Et pas qu’un peu. Et voilà que tout à coup il se fait pote avec Josh Homme, qui lui concocte un disque remplis de morceaux qui pourraient figurer sur un album de Queens of the Stone Age sur lequel il peut poser sa voix. Clairement travailler avec quelqu’un comme ça l’a bien inspire et il se donne. Comme au bon vieux temps. Ça fait plaisir de revoir notre vieil Iggy faire quelque chose d’aussi bon, et des vidéos live que j’ai pu voir il a l’air pas mal content aussi.

Isolation Berlin – Und aus den Wolken tropft die Zeit

Mon petit album allemand préféré de l’année. Des années passées à écouter du rock indépendant anglophone, régurgitées sous la forme d’un album en allemand. Chaque morceau évoque un groupe que l’on connait sans véritablement être capable de mettre le doigt dessus. « Aufstehn, Losfahrn » et « Fahr Weg » auraient tout a fait leur place sur un disque de Okkervil River. « Ich Kss dich » m’évoque un « Girl Band » (le groupe dont je faisais l’éloge l’an passé, pas les Spice Girls) teuton. Ca gueule et ca crisse. Mais quand ça gueule en allemand ca résonne toujours mieux. « Wahn » aurait pu être sur le premier album de Pavement. Bref, les références ne manquent pas à l’écoute de cet album mais ca fait du bien par ou ça passe.

James Blake – The Colour In Anything

Je suis tombe amoureux de la musique de James Blake avec Overgrown, son disque précèdent, quand il a commencé a vraiment mélanger son amour du son et des beats électroniques avec de solides morceaux. The Colour in Anything m’a d’abord un petit peu déçu. D’excellentes chansons mais le sentiment que l’album se traine un peu. Puis j’ai commencé à l’apprivoiser peu à peu, jusqu’à ce soir d’Octobre ou je le vis interpréter tout ça en concert. D’une simplicité déconcertante et avec une voix à couper le souffle, il a donné vie à ce qui sera probablement l’album que j’ai le plus écoute cette année. Une merveille. Un peu long, certes (j’aurais facilement coupe 3-4 morceaux) mais qui récompense ceux qui prendront le temps. A écouter au casque le soir. James Blake reste le meilleur artisan du son que je connaisse.

Jean-Michel Blais – Nostos

Pour ceux qui sont restes un peu sur leur faim avec la production de Nils Frahm en 2016 (BO de Victoria très électro, et un album de Nonkeen avec un ou deux bons morceaux mais pas de quoi se toiser) je conseille Jean-Michel Blais, pianiste Montréalais. Un jeune pianiste virtuose peut-il s’appeler Jean-Michel ? La question fait évidemment débat, mais force est de constater que oui. Jean-Michel est signe sur le label Arts&Craft (Japandroids, Feist, Broken Social Scene) et sors cette année un album de piano classique, purement instrumental, enregistre avec des micros proches des cordes comme Nils, d’une beauté sans équivoque.

King Creosote – Astronaut Meets Appleman

Bon, ce n’est pas Jean-Michel Creosote, mais il a également un nom et un titre d’album un peu ridicule. J’avais adore son album avec le musicien électronique Jon Hopkins il y a quelques années et je me suis pas mal épris de ce nouvel opus.  C’est parait-il son 40e album. Je n’ai pas tout suivi. Bel accent Ecossais. Je ne comprends qu’un mot sur deux. Je pense qu’il parle de principalement de bière de brouillard mais je ne suis pas sûr. Ça reste super.

Leonard Cohen – You Want it Darker

De nouveau tout a déjà été dit sur cet album, pas énormément a rajouter. Un superbe dernier opus pour Leonard. Quelque part, heureusement que c’était son dernier parce que sa voix devenait tellement grave que je ne suis pas certain que les oreilles humaines auraient été capables d’entendre sa voix sur le suivant. Je me marre aussi en pensant a Leonard qui essaye de trouver toutes les métaphores possibles au fait qu’il va mourir, un sourire aux lèvres. I’m Ready my lord, let me out of the game, I’m leaving the table, So blow out the flame, I’m traveling light, it’s au revoir, It’s over now, the water and the wine… Sacre farceur ce Leonard.

Michael Kiwanuka – Love and Hate

Belle surprise soul/pop de cette année. Danger Mouse aux manettes (s’il n’avait pas été trainé avec U2 je serais tenté de dire que Danger Mouse réalise un sans-faute ces dernières années). Un album qui s’écoute de part en part, des longs instrumentaux de la plage d’ouverture fantastique (« Cold Little Heart »), qui ne laissent en rien présager des rythmes blues qui suivent (« Black Man in a white world ») ou des détours pop (« one more night ») déjà remixés pour les clubs. Un album varié et maitrisé, que je serais assez curieux de découvrir sur scène dans une version dépouillée

Nick Cave & The Bad Seeds – Skeleton Tree

Le troisième mousquetaire de la trilogie macabre de 2016 avec Cohen et Bowie. Nick est heureusement encore avec nous mais la mort de son fils est au centre de son disque. Le film « one more time with feeling » m’a laisse sans voix. Sorti pour ce qui devait être une soirée unique et simultanée partout dans le monde, un cinéma local l’a rejoue quelques jours plus tard et j’ai pu y retourner une seconde fois. Un véritable tour de force dont on ne ressort pas indemne. Documentaire sur le deuil de la famille Cave alors qu’il réalisé ce nouvel album, le film reste d’une incroyable pudeur. Nick livre ses impressions sur l’impact du traumatisme sur son processus créatif. La mort de son fils n’est durant la première moitié du film qu’un poids énorme sur toutes les consciences, non-évoquée mais centrale… jusqu’à ce plan, passe la moitié du film, ou l’on retrouve Nick et sa femme, a table, en training (lui qu’on ne voit jamais qu’en costume), filmés frontalement, retenant les larmes en évoquant certains souvenirs. C’est dévastateur. L’album en lui-même est pour moi presque un accessoire au film. Une chanson comme « I need you » ne fonctionne pas sans les images pour moi, mais « Skeleton Tree » est probablement une des plus belles chansons qu’il ait écrit. Skeleton tree ne deviendra jamais l’album de Nick Cave que je mets sur la platine comme ca, pour le plaisir, mais ce sera probablement celui qui laissera la plus grande trace en moi. Je vais revoir Nick Cave cette année. Je ne pensais pas le revoir sur scène un jour. J’appréhende un peu. Ce sera difficile de le voir faire un set « best-of » comme a son habitude, mais a quoi pourrait ressembler un concert construit autour de « Skeleton Tree » ?

Operators – Blue Wave

Et bien oui. Je ne peux pas m’empêcher de mettre un album d’un ancien Wolf Parade dans mon top. Wolf Parade a d’ailleurs sorti un nouvel EP cette année et est en train d’enregistrer un nouvel album. De quoi provoque un petit écoulement urinaire chez un fan. Quoiqu’il en soit, malgré un nouvel EP et un nouvel album de Spencer Krug sous son étiquette Moonface, c’est au tour de Dan Boeckner de s’assurer une place dans mon top de l’année. Un album amusant, sans prise de tête, aux forts accents de pop des années 80s… mais teintée dans l’ambiance nocturne que Dan maitrise bien. Je suis une groupie de Spencer Krug, mais si je devais choisir avec qui aller boire une bière, ce serait avec Dans. JE pense que je passerais une excellente soirée.

Preoccupations – Preoccupations

Vietcong était dans mon top albums 2015. En 2016 ils ont accepté le fait que leur nom de groupe était de mauvais gout et ont donc choisi un autre nom merdique. Ils auraient pu s’appeler les « Libidinous Lounging Labradors » ou bien encore les « Golden Kittens from Neptune », je sais pas moi, mais non. Preoccupations. Soit. Clairement le choix du nom n’est pas leur fort, mais la musique est excellente. Toujours cette ambiance très lourde, voix distante, cette batterie militaire et ce son légèrement retro qui avaient fait mon bonheur sur leur premier album. Ils m’évoquent toujours un peu Killing Joke. Cette fois les morceaux sont un peu plus alambiques, avec au centre de l’album un morceau de maitre de 11 minutes que je recommenderais a quiconque a 11 minutes devant lui. Et tiens, qui fait une apparition vocale au milieu ? Dan Boeckner. Je vous jure que je le fais pas exprès.

Top 2016 – Reno – Pt 1/3 – Singles

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Premier volet de mon récapitulatif 2016 qui cette année comportera trois parties : Singles, Albums et une compilation funky de pleins de vieux morceaux issus de partout dans le monde.

Démarrons donc par une playlist de certains de mes morceaux préférés de l’année. Aucun des artistes de cette liste de me figure dans ma liste d’albums, même si certains ont livre des disques solides. Je ne m’épancherai pas trop par écrit dans cette section, rapid fire en ordre alphabétique :

Anderson .Paak – Am I wrong

Un de mes nouveaux venus hip hop preferes, solide voix et un batteur incroyable. L’album est excellent mais je sens qu’il fera beaucoup mieux encore. A suivre.

Andy Shauf – Early to the Party

Un gros ringard qui a écrit tout un album de chansons sur des gens mal-a-l’aise a une soiree. Au debut j’aimais pas. Mais apres j’aimais bien.

Avec Pas D’Casque – La Peur De Perdre

Leur album précédent, “Astronomie”, reste une de mes albums Québécois préférés. La formule ne change pas énormément sur leur nouvel opus, ce qui les empêche d’entrer dans ma glorieuse et enviable liste d’albums, mais ils livrent de nouveau une dizaine de chansons lancinantes et habitées.

Beyonce – Freedom (feat. Kendrick Lamar)

Peut-etre ma chanson preferee de l’annee. J’en reviens toujours pas d’adorer un album de Beyonce mais c’est comme ca. La performance avec Kendrick aux BET Awards était incroyable.

Bleu Jeans Bleu – Pantalon de yoga

Groupe Quebecois troisième degré qui me fait rire depuis des annees avec ses textes ridicules et mélodies putassières.

CHOCOLAT – Ah ouin

Le groupe rock/prog de Jimmy Hunt (qui a livre un album monstrueux en 2014). Cool.

Deakin – Golden Chords

Alors que Animal Collective sort une daube, l’un de ses membres sort un album solo délicat et merveilleux qu’il travaille depuis des années. Golden Chords est une des plus belles chansons de l’année.

John Congleton – Your Temporary Custodian

Certains comme moi se souviennent avec une larme a l’oeil du groupe The Paper Chase. John Congleton en était le chanteur. Depuis il est devenu un producteur super couru (St Vincent, Brian Wilson, Cloud Nothings, Angel Olsen, Xiu Xiu, Okkervil River, Micah P Hinson, Modest Mouse…). Cool album rétro cette année.

Kendrick Lamar – untitled 02 l 06.23.2014.

Kendrick a sorti un album de trucs qui lui restaient dans les tiroirs. Et c’est meilleur que 99% de ce qui est sorti cette année. Si on pouvait juste m’explique ce qu’il a ete FOUTRE avec Maroon5??? je m’en remets pas de ce coup la.

Let’s Eat Grandma – Rapunzel

Ouais ouais, y’a un gros cote Cocorosie. Mais c’est une cool chanson.

LVL UP – Hidden Driver

Comme une chanson retrouvée de Neutral Milk Hotel. J’ai pas l’impression que ce groupe fera des émules mais en attenant que Neutral Milk Hotel refasse quelque chose ça fait le boulot.

Marissa Nadler – Janie in Love

Marissa a sorti son meilleur album depuis Songs III cette année. Et sa meilleure chanson en carrière avec Janie in Love. Elle loupe mon top albums de peu.

Mitski – Your Best American Girl

Ma chanteuse avec grosse guitare électrique de l’année (voir Torres, Scout Niblett, etc).

PJ Harvey – The Wheel

Pas aussi solide que Let England Shake (ou du moins pas une aussi grosse surprise), Hope Six était tout de même excellent. Hate de la revoir live en 2017. woop woop!

Radiohead – Identikit

Bah oui quoi.

The Gaslamp Killer – Haleva

Le nouvel album fut une solide déception pour moi, mais il reste ce morceau génial qui rappelle les meilleurs moments de “Breakthrough”

Brian Wilson presents Pet Sounds – Montreal 7/7/2016

brianwilson

Des mois que j’attends ce moment. Une salle remplie de septuagénaires aux cheveux gris (lorsqu’il y en a) qui tapent dans les mains pour donner le rythme à un papy plus tout à fait avec nous, immobile derrière son piano, qui chante majoritairement faux. Sauf que ce papy, c’est Brian Wilson, le cerveau des Beach Boys, et avec son groupe il réinterprète son album “Pet Sounds” de A à Z ainsi qu’une foule d’autres succès de la période de gloire des Beach Boys.

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Je savais dans quoi je m’aventurais, j’avais déjà vu Brian en 2004-2005 (?), avec ma maman, sur la tournée qui avait suivi la parution de “Smile”, 40 ans après le début de l’enregistrement. C’est pas une bête de scène notre Brian, il a perdu beaucoup de sa voix et clairement les décennies passées sous médication ont laissé des traces. Cette fois-ci il a passe la totalité du concert assis derrière un petit piano à queue noir, face au public. Impossible de dire s’il joue réellement quelques notes ou pas. Sur certains morceaux il se contente simplement d’introduire les chanteurs et reste ensuite droit comme i, sérieux comme un pape durant toute la chanson. Ça peut être décevant pour ceux qui s’attendraient a voir un Brian Wilson tout feu, tout flamme, mais son rôle s’apparente maintenant à celui d’un chef d’orchestre et c’était ici probablement la dernière opportunité d’entendre ces chansons en présence du maître, jouée comme il les entendait dans sa tête.
Ce rôle de chef d’orchestre n’est finalement pas si différent de celui qu’il jouait à l’époque de l’enregistrement de “Pet Sounds”. Il avait alors décidé d’abandonner les concerts (qui étaient donc assurés par le reste du groupe) pour s’isoler en studio avec le “Wrecking Crew”, un groupe de musiciens studios professionnels et anonymes qui ont enregistré d’innombrables classique (il y a un très bon documentaire sur eux si ça vous intéresse). Revenus de tournée les autres membres n’ont plus ou moins plus eu qu’a enregistrer leurs harmonies vocales.
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En tant que chef d’orchestre, il a assemblé ici un groupe de 11 multi-instrumentalistes virtuoses pour réinterpréter son album phare, invitant également au passage Al Jardine, un autre membre fondateur des Bach Boys à se joindre à lui pour la tournée. Entendre un album qu’on adule comme ça en concert, joué dans l’ordre, peut se révéler décevant mais ici ça prend tout son sens. Voir les musiciens passer d’un instrument à l’autre, observer les progressions, permet de pleinement réaliser la complexité de l’oeuvre. Difficile de concevoir qu’une personne ait pu imaginer tout cela dans sa tête et soit ensuite parvenu à le communiquer afin que cela devienne réalité… Le groupe qu’il a réuni contenait également une arme secrète, Matt Jardine, le fils de Al Jardine, qui possède une voix magnifique. Il a assure durant tout le spectacle la majorité des harmonies sans une seule fausse note, avec un timbre quasi identique que le groupe a l’époque. Bluffant. Sa version de “Don’t Worry Baby” a presque volé la vedette a l’album qui était célèbre ce soir la. Larme a l’oeil.
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Brian ne s’est pas montré avare avec le public (il pouvait bien vu le prix de la place). Une bonne dizaine de chansons de la belle époque pour débuter. Heroes and Vilains en ouverture, splendide, on y retrouve en fait tous les éléments qui donneront le prog-rock des années plus tard. Quelques classiques comme California Girls, I Get Around, Surfer Girl, etc. Un autre invité fait une apparition, Blondie Chapman. Il a fait partie du groupe pendant quelques années après la période de gloire et est une présence insolite ici, en décalage complet avec le reste du spectacle. Il se lance dans des grands solos de guitare Hendrixiens et saute d’un bord à l’autre de la scène… d’accord… merci Blondie. Ensuite Pet Sounds et Good Vibrations en clôture. Et puis en rappel tous les tubes dansants du groupe, Help me Rhonda, Surfin USA, Fun Fun Fun, Barbara Ann… De quoi décrasser les genoux du public et mettre à rude épreuve plusieurs prothèses de hanche. Faut oublier le contexte et se laisser aller pour véritablement profiter mais le public et moi sommes aux anges.
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Un seul regret, pas une seule chanson de l’album de noël des Beach Boys…
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petsounds2

c’est la fête ! – vol 2

Fete-Vol2

 

Vous aimez bien faire la fête et la musique mais bizarrement ces deux aspects de votre vie semblent incompatibles ?  Envie de vous tirer une balle dès les premières notes du “Lacs du Connemara”? Les playlists “C’est la fête” sont là pour vous! Parce que bonne musique et bonne ambiance peuvent faire bon ménage, ces compilations vous proposent 50 chansons de tous bords pour assurer la fête sans mettre en danger votre santé mentale. A écouter en mode “shuffle”.

Mon hiver metal – Black Sabbath vs Iron Maiden

J’ai récemment eu l’occasion de voir deux légendes du métal sur scène, ce qui me permet de me livrer a un agréable petit exercice de comparaison. En guise de préambule, je tiens a souligner que je suis relativement ignare en ce qui concerne la discographie de ces deux groupes, mais je les apprécie a distance.

Entree sur scene 
Black Sabbath : Vidéo de bâtiments en feu, de pleins de choses qui brûlent, puis “Black Sabbath” en lettres de feu. Ils aiment les trucs qui crament visiblement. Le rideau tombe, Ozzy est sur scène en grand prêtre satanique, son groupe discret derrière.
Iron Maiden : Vidéo de leur avion pris dans la jungle, un Eddy géant s’en empare et le lance dans les airs, il decole… chanteur seul sur scène dans un décor de temple maya, flambeaux, fumée, un autel propice a une petite incantation, solo vocal, puis le groupe apparaît
Gagnant : Iron Maiden
Costumes
 
Black Sabbath: Ozzy en long imperméable de cuir noir, le reste du groupe banal
Iron Maiden : Le chanteur en pull a capuche tout ce qu’il y a de plus commun, par contre le reste du groupe est incroyable, comme si les années 80 ne s’étaient jamais terminées. Vestes en jeans sans manches, pantalons moulants troues, coiffures magnifiques de Hair Metal.
Gagnant : Iron Maiden
Show
Black Sabbath : Projections de feu en arrière du groupe. un petit coup de chalumeau de temps en temps.
Iron Maiden : Décor de temple maya.  Arrière fond qui change toutes les chansons (eddy dans la foret, eddy sur le champs de bataille, eddy a la plage, eddy a la piscine, eddy tond la pelouse). Un vrais eddy qui arrive sur scene pour se battre avec le chanteur, qui gagne le combat, lui arrache le coeur, le tord entre ses mains dégoulinantes de sang et le jette dans la foule. Des eddy gonflables géants. Pyrotechniques en tout genre.
Gagnant : Iron Maiden
Setlist
 
Black Sabbath : J’ai reconnu Iron Man et War Pigs. Le public semblait aux anges. Un homme proche de moi a chante toutes les paroles de toutes les chansons. Impressionnant. Un concert Best-of vu que c’est leur tournée d’adieu
Iron Maiden : Fear of the Dark, Number of the Beast, Iron Maiden… et pas mal de chansons que je ne connaissais pas, anciennes mais aussi nouvelles vu qu’ils faisaient la promotion d’un nouvel album (qui, de ce que j’ai entendu, ressemble a tous leurs autres albums).
Gagnant : Égalité
Chanteurs
Black Sabbath : Ozzy n’a plus tout a fait la voix de ses jeunes jours, et il n’était pas non plus gâté par le mix. Ceci dit, il n’a probablement plus toutes ses facultés non plus. De loin, il ressemble plus a ma grand mère qu’a un chanteur de métal. Sharon lui a refait sa teinture avant qu’il prenne la route.  Entertainer hors pair, il semblerait qu’il ait reçu quelques conseils de Patrick Sebastien. Et tout le monde met ses petits bras en l’air, a gauche, a droite, on tape dans les mains, a vous le public, les briquets, et un super “ole ole ole oleeeeee” footballistique final, complètement en décalage avec la musique mais assez attendrissant.
Iron Maiden : Pro jusqu’au bout des ongles. Show chorégraphié dans ses moindres détails, changements de costume, voix impeccable. Il n’y aucune place pour de l’improvisation mais c’est extrêmement efficace.
Gagnant : Iron Maiden
Conclusion
 
Un show savamment orchestré avec un groupe pro qui peaufine la recette du show metal parfait sans interruption depuis 30 ans d’un cote, un show qui ressemble plus a une dernière tournée de tiroir caisse retraite en Floride par un Ozzy grille mais attendrissant de l’autre. En amateur de metal modéré je vais prendre le premier, avec un petit plaisir coupable, mais je succombe a la démagogie de ce groupe qui m’offre tous les cliches que je suis venu chercher a un show d’Iron Maiden.
vs
(Y’a des tares qui filment tout un concert)

Soul Explosion Vol-2 – Pre ’67 Awesomeness


Syl

Pour ce 2eme volet de mes compilations Soul Explosion, je continue sur la même période pré 1967 couverte dans le volume 1 (et disponible ici) mais je m’attarde cette fois sur quelques artistes qui n’ont jamais connu le même succès que ceux du volume 1, qui ont oeuvré dans l’ombre des stars, ou bien encore ont connu le succès avec quelques singles avant de redisparaître (injustement) dans l’obscurité. Même si moins connus, l’impact que ces chansons ont eu est souvent stupéfiant. Bon nombres ont été reprises, samplées, volées.

Prenons Arthur Alexander par exemple, dont une reprise de “You Better Move On” figurait sur le premier EP des Rolling Stones, imbibés a l’époque dans cette musique viscérale et tellement étrangère aux banlieues anglaises (des années plus tard ils iront enregistrer a Muscle Shoals, toujours fascinés par tout ce qui était sorti des studios FAME). Wendy Rene retrouvera le haut de l’affiche via un sample du Wu Tang. Syl Johnson verra ses morceaux samplés tant chez Kanye West, Public Enemy que Michael Jackson. Et puis il y a Rufus et Carla Thomas, père et fille, qui officieront chez Stax durant des années dans l’ombre d’Otis Redding. Carla enregistrera un album complet de duos avec Otis mais ça ne suffira pas a propulser sa carrière solo, tandis que Rufus restera un des grands talents sous-estimés de Stax, se taillant une carrière a coup de gros succès loufoques suivis de périodes creuses. Plusieurs des femmes présentes sur cette compilation ont également préferé raccrocher leur micro pour élever des familles après quelques succès timides. Il y aurait d’ailleurs de quoi faire tout un billet sur la place de la femme aux débuts de la Soul, et sur les pionnières comme Barbara Lynn, chanteuse, guitariste et compositrice noire au Texas en 1962.

Cette compilation contient aussi une chanson d’un de mes artistes soul préférés, Howard Tate. Autant de talent vocal qu’Otis Redding mais probablement pas au niveau de l’écriture. Son album “Get it While You Can” figure aisément dans mon panthéon des meilleurs albums soul de l’histoire. Il n’est pas disponible sur Spotify, hormis dans une version live pas terrible que j’inclus pour le principe. Pour la version originale, j’implore le dieu Youtube.

Ce qui est merveilleux avec cette époque et cette musique, c’est que suite a l’explosion des Otis, Aretha et Sam, il semble y avoir eu une sorte de ruée vers l’or durant laquelle n’importe quel petit talent local était a même de trouver un studio pour enregistrer un 45 tours. Résultat, le genre regorge de merveilles cachées, qui ont suscité la folie Northern Soul en Angleterre dans les années 70 (dont nous reparlerons probablement) et continuent aujourd’hui de constituer une source inépuisable pour les compilations Numero Group (dont nous reparlerons aussi probablement). Ma dernière trouvaille en date vient pourtant tout droit du professeur Billen, qui a repéré Lee Moses dans la BO du film “L’appolonide”. Fabuleux, merci professeur.

Vous serez également probablement ravis d’apprendre que certains sont encore actifs de nos jours, mais étant donné leur age vénérable ils ne s’aventurent plus très loin de chez eux. J’ai eu le plaisir de voir Barbara Lynn récemment a Montréal, avec sa guitare dorée. Sa voix n’a pas changé et elle a tout gardé de son style de guitare unique. Syl Johnson tourne toujours aussi, je ne désespère pas que nos chemins se croisent.

 

 

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