Category Archives: Musique

Toppiet 2017

 

Bon les tepus,

Voila vite fait, certains diront peut etre bacle, mon top de cette annee.

De prime abord, du bon vieux (et nouveau) pophip.

ASAP Mob – What Happens

Tout l’album est super

Mick Jenkins – The Waters

Mon album prefere de hip hop de cette annee.

Anderson Paak – NPR Concert

Tout le monde sait que Anderson est un tueur.

Odezenne – Le plus beau cul du monde

Comme a dit John.

Damso – Nwaar Is the New Black

Comme a dit Sylvain mais en inverse.

Les Sages Poetes de la rue – 16 traits 16 lignes

Remember les annees 90. Moi j’ecoute toujours les vieux albums de Zoxea.

 

Puis en non hiphop.

Bill Fay – Never Ending Happening 

Decouvert dans la BO du Film the Comedy the Tim Heidecker.

The Drones – Stop Dreaming

Je suis toujours un gros fan des Drones.

Polo & Pan – Nana

Electro francaise

Baden Powell – Canto de Ossanha

D’la balle. Franchement tout ce que ce bon vieux Baden fait (a part sa periode scoutisme) j’aime. Ca vaut le detour.

Gardens and Villas – Carrizo Plain

Meme chose que Bill Fay. Tres chouette BO.

Top 2017 – Reno – Afreakin’ Awesome

Tout comme l’an passé, une grosse partie de mon année musicale a été consacrée à l’écoute de musiques issues d’une tripotée de pays africains et sud-américains. J’ai un faible pour tout l’Afro-Funk sorti entre ’75 et ’85 et que des labels comme Analog Africa, Soundways, Sublime Frequencies, Strut, Luaka Bop, Now Again, Knitting Factory, Soul Jazz et j’en passe compilent et rééditent chaque année avec amour et en toute légalité (ces labels se cassent le cul pour obtenir les droits et reverser des droits d’auteurs aux artistes). Voici donc une compilation éclectique de mes coups de cœur de l’année.

 

Top 2017 – Reno – Albums

Et voici mesdames et messieurs, sans plus attendre, mes 15 albums préférés de 2017, et ce dans leur ordre le plus alphabétique car lorsque les terroristes nous aurons tout pris, l’alphabet sera tout ce qu’il nous restera. L’alphabet et les frites. Ils ne parviendront pas à prendre nos frites

Alvvays – Antisocialites

J’avais beaucoup aimé leur premier album il y a deux ans mais celui-ci le surpasse. Aucune chanson ici n’atteint la perfection pop et la gratification l’instantanée d’un « Archie, Marry-Me » mais on a droit à une succession de petites perles entêtantes de nostalgie. La première écoute passe inaperçue mais on se prend à y revenir constamment, et au final ce fut un des albums que j’ai le plus écouté en 2017. « Dreams Tonight » est parfaite dans son style retro rêveur et son clip ou on y voit le groupe incruste dans les images d’archives de l’expo universelle 1967 de Montréal est un petit bijou. On peut reprocher au groupe d’abuser de la même formule mais ils parviennent à rester du bon côté de la nostalgie. Seul bémol, je me serais passé de « Lollipop » qui rappelle plus les mauvais groupes 60s manufacturés pour adolescents.

Cloud Nothings – Life Without Sound

« Life without sound » c’est un peu l’album gueule de bois après « Here and Nowhere Else » (cfr best-of 2014).  La ou son prédécesseur enchainait les hits indie-punk à un rythme effréné, ici on est dans la réflexion la gerbe aux lèvres dès la première chanson. La crise d’adolescence se termine (même si le ton faux rebelle nerd du chanteur est toujours bien présent) et on se pose des questions sur l’avenir (« I want a life, that’s all I need lately »). Mais on continue à boire des bières en beuglant. Et ça c’est cool.

Emily Haines & The Soft Skeleton – Choir of the Mind

Cet album aurait pu sortir en 2007, l’année après « Knives don’t Have your back ». C’est dans son exact lignée. Sauf que ça lui aura pris 10 ans à faire cette suite. Je pensais que Emily Haines était a jamais perdue a Metric, son groupe de rock badaud, résolument beige, mais elle nous a sorti cette année un nouvel album solo surprise. En l’écoutant, c’est a se demander ce qu’elle fou avec eux tellement sa production solo est supérieure. Le disque est truffé de ballades au pianos, dérivant dans des séquences électro entrainées par des boites à rythmes ou elle peut superpose sa voix râpeuse.  Franchement, Mimile (Tu permets que je t’appelle Mimile?), lache ces relous de Metric..

Faber – Wem du’s heute kannst Besorgen

Faber c’est mon groupe germanophone de l’année, de loin. Je dis germanophone parce qu’il n’est pas allemand mais Suisse. Quand j’y pense, je ne suis pas sur de pouvoir nommer un autre artiste suisse allemand. La vache milka peut-être. Mais c’est peut-être raciste ça. Je dis de loin car les autres albums allemands que j’ai écoutés cette année (mon petit péché mignon) ne m’ont absolument rien fait – les allemands semblent beaucoup apprécier l’électro hip hop second degré ces temps-ci. Hermétique. Mais voilà, celui-ci est un petit bijou. Instrumentation de fanfare aux teintes gitanes (cote Beirut) ou bien valses au piano accompagnée de sa voix cassée. J’y entends même des cote Cohen dans le chanté-parlé (« Lass mich nicht Los »). Les textes et les clips sont bourrés d’humour outsider en plus. Je conseille fortement même si on n’a pas forcement d’affinités avec la langue.

Grandaddy – Last Place

Grandaddy c’est comme une paire de vieille pantoufle qu’on n’a plus mis depuis longtemps. On les retrouve par hasard, on n’y pensait plus. Elles rappellent de bon souvenir mais bon, les tissus écossais c’est plus très mode. On les regarde de loin et sans trop y penser on les réessaye. Puis on s’y sent bien. Très bien même. Ils n’ont pas changé. Nappes de synthés, mélodies sifflotantes, contes humoristiques sur l’aliénation (« Way we won’t » raconte l’histoire d’un mec qui emménage sur le toit d’un strip-mall. « Cinnamon smells and holiday sales, why would we ever move? ») et la voix de Jason Lytle qui n’a pas changé non plus. Malheureusement leur retour triomphal a été endeuille par la mort de leur bassiste, j’espère tout de même qu’ils continueront sur cette belle lancée..

Idles – Brutalism

Mon album couillu de l’année. Simple, cru, vulgaire, bruyant, en colère, intelligent, marrant, viscéral. Du punk anglais pur jus a slogans (« The best way to scare a Tory is to read and get rich!”). Le meilleur “Mother… Fucker…” depuis “Killing in the name of”. Simplement parfait dans son style. Hâte de gueuler avec eux a un concert un de ces jours.

Jean-Michel Blais & CFCF – Two Mirrors

Jean-Michel avait place « Il » dans mon top albums l’an passé. Un album de piano solo dans la lignée directe de Philip Glass (dont il a repris la chanson d’ouverture de « Glassworks » a un récent concert auquel j’ai pu assister). Il revient ici avec une collaboration avec CFCF (que je ne connais pas vraiment) qui me semble être la suite logique de « Il ». Musique méditative, virevoltant constamment entre le sublime et l’ascenseur, parfois simultanément.

John Maus – Screen Memories

Une voix grave et distante enterrée sous les sons électroniques de claviers 80s. Des mots répétés sans cesse comme des mantras sans queue ni tête. Une des performances scéniques les plus physique que j’aie vu. Le gars crie, hurle, grogne, cours, agite ses bras comme de desespoir, est pris de balancements autistiques, tape sa tête avec son micro, semble accoucher de sa musique dans la douleur… pour finir avec un grand sourire et un petit « thank you » apres sa chanson. Je l’avais rate il y a 7ans, et vu ses activités parallèles (doctorat en philosophie, actif dans le domaine) je ne pensais pas le revoir un jour. Unique.

Kendrick Lamar – Damn

Honnêtement je ne peux pas dire grand-chose qui n’ait été dit et redit. Musicalement « To Pimp a Butterfly » était supérieur mais les textes ici sont excellents et la narration circulaire de l’opus impressionnante. Après trois albums de ce niveau (en plus d’une collection de chansons abandonnées qui feraient les choux gras de la plupart des artistes) j’espère qu’il pourra maintenir le cap. Un des rares qui parvient a combiner un succès populaire avec un succès artistique total.

Mount Kimbie – Love What Survives

Novice total en ce qui concerne Mount Kimbie (que je connaissais de nom ainsi que pour sa pochette avec le gros cul) j’ai été attiré a cet album pour les deux collaborations avec James Blake. Ils évoluent dans cette même sphère qu’occupent les Nicolas Jaar, Burial et Blake, spécialistes de la création d’ambiances sonores électroniques, avec un soucis permanent de la production, insérant regulierement quelques lignes mélodiques pour attirer le chaland. Tout ici est excellent. King Krule y fait aussi une apparition.

Neil Young – Hitchhiker

Hitchhiker a été enregistré en 1976, époque Zuma, tout seul en une soirée. Purement acoustique. Puis il l’a laissé macérer 41 ans avant de le sortir. Enfin, pas complètement puisque certaines des chansons sont sorties dans d’autres versions réenregistrées avec Crazy Horse dans les années qui ont suivi (trois ont fini sur « Rust Never Sleeps »). Reste qu’à cette époque Neil Young était à l’un de ses pics et qu’on se demande pourquoi il a attendu aussi longtemps sans raison apparente. Je ne pense pas que le vieux Neil va se trouver un nouveau public avec ce disque, mais pour ses fans c’est de l’or en barres.

Queens of the Stone Age – Vilains

DUn bon Queens dans la lignée de « Like Clockwork ». Mark Ronson a la production, bon, on aurait pu mieux faire. Tant pis si Josh Homme est un gros méchant qui donne des coups de pieds aux photographes. Ça fait peut-être de moi un horrible mais ça m’a un peu fait marrer quand même. Il a ses humeurs et ses problèmes. Et ses procès au cul j’imagine (mérités).

Sampha – Process

Mélange habile de soul, hip hop et électro, un de mes « nouveaux artistes » préférés de cette année 2017. « No one knows me like the piano » (in my mother’s home) est une des plus belles ballades de l’année, de loin, et “Blood on Me” fait bouger les culs. Que demande le peuple.

Wolf Parade – Cry Cry Cry

Que serait une année musicale sans un album de Spencer Krug ou Dan Boeckner dans mon top ? Un échec, ça je vous le dit! Alors un album des deux ensemble, réunis dans un Wolf Parade comme aux premiers jours, et le tout avec une joie de vivre contagieuse et bien ça c’est une bonne année. Je les aime tellement ces deux-là que ca me fait extrêmement plaisir de les voir relancer cette vieille machine, repartir en tournée pour les bonnes raisons. On parle pas de faire du cash ici. Ils pondent un nouvel album qui rivalise facilement avec le Wolf Parade 2004-2007 et jouent sur scène comme des machines de guerre, rodes qu’ils sont par leurs expériences respectives. Mon seul reproche c’est d’avoir fait l’impasse sur Montréal pour l’instant, leur berceau, mais ils ont promis de passer en 2018. Et j’y serai. Prêt a marmonner les paroles de « Lazarus Online » et à lever mon poing sur le cuivres de « Baby Blue » qui promet d’être une tuerie en live.

Resistance Radio – The Man in the High Castle OST

Plus ou moins a égalité avec Alvvays pour le nombre d’écoute en 2017 vient cette compilation orchestrée par Danger Mouse pour la bande son de la série « The Man in the High Castle » (Saison 1 commence bien, fini mal, saison 2 pas mal). Il a reçu le mandat d’enregistrer des reprises de chansons parues avant les années 1960 (date a laquelle se passe la série). Résultat il invite ses amis (Sharon Van Etten, Beck, MGMT, Grandaddy, Norah Jones, Angel Olsen, Shins, Kiwanuka,…) a reprendre des classiques (End of the world, Unchained Melody, Love Hurts, etc) sur ses pistes instrumentales. Tout n’est pas d’une originalité folle, mais ca fonctionne a merveille et s’écoute et se réécoute avec beaucoup de plaisir. Un nouveau classique pour les diners entre amis (ca tombe bien, Norah Jones est dessus).

Top 2017 – Reno – Singles

2017singlesreno

2017 Round 1 : Fight!

Liste alphabétique de mes chansons préférées de 2017, sorties en 2017… et qui ne figurent pas sur mes albums préférés de l’année bien sûr, cela va de soi :

Ala.ni – Cherry Blossoms

Petite ritournelle qui aurait pu sortir en 1940, un piano qui rappelle Billie Holiday avec une voix délicieuse.

Algiers – The Underside of Power

S’ils étaient parvenus a maintenir la même qualité sur la deuxième moitié de leur album ils seraient dans mon top album sans problème. Ils l’ont frôlé rien que sur la force des quelques premières chansons. Cette chanson donne envie de danser et de péter des trucs.

At the Drive-In – Governed by Contagions

Je ne sais pas très bien qui voulait un nouvel album d’At the Drive In. Ça ne pouvait pas être a la hauteur de leur production de la deuxième moitié des années 90. Reste qu’ils ont livré quelque chose de relativement solide, avec même quelques chansons qui se mélangent bien à leur catalogue durant les concerts, et surtout ce n’est pas déshonorant comme j’en avais peur.

Beck – Up All Night

Beck est de bonne humeur en 2017, je suis content pour lui. Il sort un album moyen certes, mais avec quelques trucs qui s’écoutent sans déplaisir, foutent de bonne humeur et passent même très bien en soirée! En fait je préfère ce Beck-ci au Beck gnan gnan de Morning Phase.

Chad VanGaalen – Mind Hijacker’s Curse

Je suis loin d’aimer tout Chad, et le concert que j’ai vu cette année était assez moyen, mais cette chanson a des airs d’Arcade Fire époque premier EP en 2004 qui n’est pas pour me déplaire. Donc pendant qu’Arcade Fire fait de la daube et bien Chad bouchera le trou.

King Krule – Dum Surfer

Encore un qui rate mon top albums de peu (avec The OOZ), mais cette chanson est peut-etre ma préférée de l’année. Élocution agressive et je m’en foutiste sur une bande son sortie tout droit d’un film de Lynch, je suis très client. Clip fantastique.

Nnamdi Obgonnaya – Don’t turn me off

Mélange de TV on the Radio et de Busdriver. Nice.

Perfume Genius – Slip Away

Beaucoup de chemin parcouru depuis ses débuts intimistes (“Learning” était un de mes albums préfères de 2010). Ici on du gros son boombastic pour en faire une des chansons les plus fortes de 2017. Le côté très queer de certaines de ses nouvelles chansons me laissent parfois un peu sur le cote de la route mais c’est cool. Aussi un des tout bons concerts de 2017.

Pierre Kwenders – Sexus Plexus Nexus

Mélange de rumba congolaise, électro et chanson Québécoise. Chouette type aux gouts vestimentaires douteux.

Priests – JJ

Bikini Kill pour l’administration Trump. Punk as fuck.

Public Service Broadcasting – People Will Always Need Coal

Un album sur le déclin de l’industrie minière british dans les années 70s ? D’accord Public Service, faites ce que vous voulez.

Robert Plant – The May Queen

Une de mes petites surprises de l’année. Je n’aurais pas cru aimer un album de Bernard Plante un jour mais sa voix est devenue magnifique et se mêle bien à ces instrumentations hippies, parfaites pour taper sur des tambours en cercle pendant que Robert danse nu autour du feu.

Spoon – Shotgun

Un jour Spoon seront dans mes top albums. Ils sortent tout le temps des super bons disques, quoique manquant parfois un peu de personnalité. Reste que la voix de Britt Daniel quand il s’énerve sur fond de guitares angulaires vient toucher ma corde sensible.

The National – Turtleneck

Si seulement National avait pu pondre un album complet de Turtlenecks plutôt que de bourrer leur disque de ballades en pilote automatique. Ils l’ont encore en eux, faut juste que ca remonte a la surface plus souvent. Allez les gars on se secoue.

Tim Darcy – Still Waking Up

Le chanteur de Ought qui decide de chanter comme Roy Orbison. Juste parfait.

Top 2017 – Sylvain

Une année très hétéroclyte un peu difficile à cerner mais globalement, j’ai recommencé à écouter activement de la musique. Ouf ! Goûtez et laissez sur le bord de l’assiette si vous n’aimez pas, je mangerai les restes.

Lorn

J’ai découvert Lorn complètement par hasard via la piste “Acid Rain” dans le trailer d’un jeu vidéo en pixel art à venir.

D’ailleurs, je ne vous mets pas le clip officiel mais bien le trailer. Magnifique ambiance asiatique, dysto- cyberpunk.

Dans les autres suggestions Lorn, j’ai aussi retenu Anvil. Voix de tête zen et petite mélodie passée.

Hello Vietnam – Pham Quynh Anh

Prononcez “Fam Couigne Agne”. Alors ce qui devait devenir un morceau détesté, joué dans les cabines des avions Vietjet Air en 2016, est devenu une douloureuse madeleine de Proust. Figurez-vous qu’en écrivant cet article, je suis tombé sur la page Wiki de la dite chanteuse et ait découvert qu’elle… est Liégeoise :’-)). La première version est même “Bonjour Vietnam”. Vous pouvez imaginer avec l’accent Liégeois??? Moi pas, music dj ! VERSION KARAOKE :

Pour vous rincer les oreilles, la version homonyme de cette ordure de Johnny Wright qui a le chic de rester en tête :

Igorrr

Tout petit moineau, une recommandation de Gaz’ . J’adore trop la description du genre : une fusion de Death Metal, de Breakcore (kwa dis?) et de classique baroque. J’étais incrédule et puis vers 2:50, le truc s’emballe vraiment totalement et c’est étrangement beau.

Pas pour tout le monde.

Radiohead – Videotape (2006 Bonnaroo Version)

Une version “early” de Videotape avant sa version sur album. Alors ici, arrêtez ce que vous faites. C’est un tour de magie. Au premier abord, on dirait une version live moins carrée, moins studio… mais si vous commencez à en écouter les détails…

Une explication Vox m’avait assez bien captivé :

Attention, ces fanboys exagèrent totalement.

Alex Cameron & Angel Olsen

Une découverte via la soeur de Pilouze la looze.

Miam.

TOMMY CASH

This article is about an American country singer. For the Estonian rapper, see Tommy Cash (Estonian rapper).

 

Yanka Dyagileva

Petit bijou punk découvert dans la super bande son du non moins extraordinaire documentaire “HyperNormalisation” d’Adam Curtis.

Une des traductions approximatives :

I keep repeating – for ten times and over and over again:
Nobody knows how fucking bad I feel now
And the TV is hanging from the ceiling
And no one knows how fucking bad I feel now
And I’m so goddamn sick and tired of it all
That it makes me wanna start
This poem again, it’s so sad that I
Repeat again: how fucking bad I feel now

Wolf Parade

Dans la série, meilleur concert de l’année, pas mal de candidats ! un IAM qui a cassé la barraque, un Dick Annegarn parfait (voir chez JoJo)… la palme revient sans aucun doute à Wolf Parade.
Pas trouvé de live assez bon pour restituer l’énergie qui est sortie de leur I’ll Believe In Anything qu’ils nous ont joué au Bota, celui-ci est pas mal :

Elias Rahbani

Vous savez que je vous sort toujours une petite douceur perse, ottomane ou arabique… entendu ici dans l’hilarant “What We Do In The Shadows”, Elias Rahbani du Liban !
Dance Maria, tourne! vole ! tu es belle ! oh oui, tes cheveux noirs sont tels les crins d’un millier de chevaux sauvages de la Bekaa… tes yeux brillent d’un bleu de Litani… Maria !
Pas de classique cette année ! Je n’ai retrouvé qu’un Fischer-Dieskau sur Mahleur… Vous avez déjà goûté.

Top 2017 – Johnny

Il semble qu’au fil des années, mes tops se fassent de moins en moins rock. Pourquoi? Comment? J’ignore de le savoir.
Néanmoins, voici ma selection 2017, de ce qui m’est resté collé au fond des oreilles, mon cérumen musical grand cru, mélange d’époques et de styles.

1. Odezenne – Dolziger Str. 2 (2015)

Avec un peu de retard, et grâce à Pierre, j’ai pris la claque Odezenne. Des textes cryptiques, des successions d’images poétiques et sales, un phrasé haché, une instrumentation éclectique, une énergie et des clips superbement esthétiques. Un groupe totalement à part, qui surprend à chaque mot, à chaque note. J’en veux encore et encore.

Souffle le vent : pour avoir envie de vivre à 200 à l’heure, sans jamais s’arrêter et sans jamais réfléchir.


Vilaine : j’suis pris dans un vortex/il me manque des bouts d’texte/mon alcool colle au sol…

2. Dominique A – La musique (2009)

J’avais complètement loupé cet album, trouvé au Pèle Mèle, sublime du début à la fin, comme toujours avec Dominique A. Combien de fois je l’ai écouté? Cent fois peut être? Mélange de beauté, de mélancolie, de voyage. Du Dominique A, toujours le même et toujours renouvelé.

Le sens : première plage de l’album, sur un beat sobre, on aborde le sens de la vie.


Nanortalik : peinture romantique d’une petite ville du Groenland

3. Dick Annegarn

Sans conteste, le concert de l’année. Matthieu et Sylvain confirmeront. Sincère, drôle, sobre et original. Mention pour l’ensemble de son oeuvre, comme on dit. Est-ce de la musique ou de la littérature? Si tous les Francophones maîtrisaient la langue française comme ce Hollandais, on passerait notre temps à causer pour le plaisir, et on ne ferait plus rien.

Au marché des mendiants : extrait de son dernier album


Brahim Alham : le moment fort du concert, sans instrumentation

4. Nathy Peluso – Esmeralda (2017)

Hip hop aux influences multiples, en Espagnol, mais faut s’accrocher pour comprendre ne serait-ce qu’un mot. Elle mène sa musique comme elle l’entend, en dehors des conventions. Iconoclaste va!

Corashe : de la peur de faire face à une femme en colère


Esmeralda : WTF???


Sandia : estoy chilling desnuda, cortando sandia, pourquoi pas

5. Francesco de Gregori – Alice non lo sa (1974)

Un album culte de chanson italienne, pour les amateurs de la langue.

Alice non lo sa : ne pas faire attention aux décors Pascal Sevran.

6. Future Islands

J’étais complètement passé à côté de Future Islands et de sa grosse ligne de basse années 80, et de son chanteur enthousiaste. Que de temps perdu. Ca met une pèche d’enfer.

Long Flight : regardez moi ces rockers qui se trémoussent


Ran : extrait du dernier album

7. Baïkonour – EP (2017)

C’est pas tous les jours qu’on a un pote qui réalise un beau petit EP comme ça. Pierre à l’écriture et à la composition, et la voix chaude de leur chanteuse. C’est doux comme une caresse.

Change Rien :

8. Ry Cooder & V.M. Bhatt – A meeting by the river (1993)

La collaboration américano-indienne, pour les oreilles voyageuses.

Quelques autres morceaux qui valent la peine d’être explorés.

1. Aldous Harding – Horizon : Une petite découverte néozélandaise du festival Feeerieen. Tous les morceaux ne se valent pas, mais celui ci est exceptionnel d’intensité. Et sur cette vidéo, comme dit Lio, c’est la plus belle imitation de Robert de Niro.

2. Taj Mahal – Queen Bee : Quand la vie est douce comme un pot de miel

3. Feu! Chatterton – Souvenir : Premier extrait très prometteur du nouvel album à paraître. Le chanteur un peu plus dans la retenue.

4. Rosalia – Aunque es de noche & Catalina : La voix et la passion d’inspiration flamenco. La voix qui brûle, qui brûle, qui brûle.

5. Robert Wyatt – Sea song : Juste envie de repartager ce petit chef d’oeuvre, en mettant l’accent sur la beauté du texte.

You look different every time you come
From the foam-crested brine
It’s your skin shining softly in the moonlight
Partly fish, partly porpoise, partly baby sperm whale
Am I yours? Are you mine to play with?
Joking apart, when you’re drunk you’re terrific when you’re drunk
I like you mostly late at night you’re quite alright
But I can’t understand the different you in the morning
When it’s time to play at being human for a while, please smile
You’ll be different in the Spring, I know
You’re a seasonal beast like the starfish that drift in with the tide, with the tide
So until your blood runs to meet the next full moon
You’re madness fits in nicely with my own, with my own
Your lunacy fits neatly with my own, my very own
We’re not alone

6. Tinariwen – Sastanàqqàm : le bon rock touareg

Billy Bragg à dissoudre

Alors que le Royaume-Uni a décidé de larguer les amarres et de se laisser dériver et dissoudre dans l’océan atlantique comme l’Alka Seltzer que les “Remain” ont dû avaler, j’ai décidé de nous rafraîchir la mémoire sur Billy Bragg.

C’est qui Billy Bragg? ou plutôt c’est quoi Billy Bragg?

Billy Bragg c’est un chanteur de chanson d’amour, dans The Saturday Boy

dans A Lover Sings

et encore dans A New England

Billy Bragg, c’est aussi un chanteur férocement engagé. Un chanteur qui a marqué son combat contre le thatchérisme avec la guitare qui gueule de Which Side Are You On inspiré d’un titre de 1931 de Florence Reece et des grèves des mineurs britanniques de 1984 et 1985.

Engagé toujours dans l’hymne à bottlenecks très évident de There Is Power In A Union

Billy Bragg, c’est aussi un artiste qui joue encore dans de petites salles et qui est très actif sur facebook où, je vous rassure tout de suite, il ne verse pas tellement dans le discours révolutionnaire.

Une belle sélection de ses titres sont à retrouver dans la playlist Youtube :

Top 2016 – Sylvain

Une année extrêmement pauvre en vraies découvertes musicales de mon côté… Quelques ré-écoutes, ou écoutes des excellentes listes de mes camarades de blog et quelques morceaux shazamés ici et là… un peu triste.

Soit, en raclant les tiroirs shazams et les historiques youtubes, j’espère trouver quelques sons (par contre, pas de spotify cette année, il n’est pas dispo au Vietnam… mes excuses).

*sifflote en ouvrant et fermant les tiroirs*

Ah! voilà

Fasso de Fatoumata Diawara & Amine Bouhafa, extrait de la bande originale du film Timbuktu.


Je n’ai vu le film -très bon d’ailleurs- que cette année. J’ai retenu un morceau en particulier qui est malheureusement un peu trop travaillé sur la bande originale. Je vous mets le passage du film calé au bon timecode :

ça ressemble déjà plus à un petit blues.

Tourdion de Pierre Attaingnant (1494-1551)

Alors, vous avez pris l’habitude de ma petite immersion classique… Après le clavecin de J.P. Sweelinck et l’hiver de Schubert, on s’y replonge, ambiance médiévale.
Imaginez… Imaginez une grosse boustifaille au château après une bonne journée à distribuer moult coups de gourdins, d’étoiles du matin, d’épées et de lances.  Les visages écarlates, les nez patates, les côtes de maille crasseuses, vous siégez au banquet du roi dans la lumière rouge d’un gros feu de cheminée. Quelques ménestrels timides jouent en sourdine. Entre enfin le Baron Saint-Alain des Châtillons de la Papeterie d’Auderghem. Il est d’humeur festive, la fiole de cara pils à la main et il se précipite pour botter le cul de ses ménestrels et vous enjoint enfin de chanter avec lui :

Quand je bois du vin clairet
Ami tout tourne, tourne, tourne, tourne
Aussi désormais je bois Anjou ou Arbois
Chantons et buvons, à ce flacon faisons la guerre
Chantons et buvons, les amis, buvons donc !

Un morceau à entonner en chœur, entre amis de rinçage. Je vous invite à le mémoriser profondément pour nos prochaines rencontres, au prochain alignement astral. J’ai choisi une des nombreuses versions du tourdion.

Batalion de Spirituál Kvintet

Le tourdion, c’est aussi la mélodie de “Batalion” du quintet tchèque connu pour ses nombreuses reprises de tubes des sixties adaptées en chansons en tchèque. Ringard? allons allons !


Une histoire de soldats qui boivent pour leur courage, la veille d’une grande bataille, comptant leurs amis tombés.

Shimmy Shimmy Ya d’ Ol’ Dirty Bastard

Dans la catégorie “je ne sais pas comment je suis tombé la dessus”

Sans doute tellement vieux que Pierrot va bien se poiler.

Culture Flash de Members of Mayday 

Un morceau de techno allemande des années 90. Si j’avais prédit que je recommanderais un morceau de techno un jour.

Un fond sonore idéal pour vos séances d’aérobique

Sóley

Entendu dans mon café préféré d’Hanoï, le café “Tranquil” qui fut mon refuge, ma forteresse dans les longues journées de canicules.

Ca manque un rien d’originalité avec des bouts d’un peu toutes les chanteuses du moment… mais c’est doux comme la mousse de lait d’un Chai Tea Latte…

Angels de Brian Witzig

Et maintenant quelques beats lounge avec Brian Witzig. Parfait pour trier de longues listes de photos.

Time Is The Enemy de Quantic

Un autre que j’ai écouté en boucles des dizaines de fois.

Had Me a Girl de Tom Waits

Alors, j’ai toujours des décennies de retard sur pas mal des artistes préférés des copains du blog… Leonard Cohen, Nick Cave, … et Tom Waits. Bien sûr je connais mais je n’ai jamais plongé. Par exemple, Tom Waits j’ai toujours eu un peu de mal avec sa voix super grave et puis un jour, je bois mon Shakerato (un espresso frappé au shaker façon café Tranquil) et j’entend une petite voix nez pincé. Shazam me dit “Tom Waits” : ok il chante aussi ;-)!

 

Hall of Mirrors de Kraftwerk

Le rythme pénétrant des pas qui claquent pendant 8 minutes. Rappelé à notre souvenir dans un épisode de la grisante série Mr. Robot. J’ai choisi la version anglaise mais mon cœur balance.

 

***BREAK***

Attention, ici je rentre dans la sélection la plus aléatoire, pur produit de shazam ivres dans de drôles d’endroits vietnamiens.

Loaded (Laidback Luke remix) de Kryoman

Inspiré très largement des débuts des Prodigy. Un jour je vous raconterai comme j’étais fan ultime des Prodigy, c’était absurde, j’étais tout petit.

Je vais conclure par deux morceaux de fête foraine. Vous pouvez encore quitter la page ici.

Pursuit of Happiness [Steve Aoki Remix] de Kid Cudi (feat. MGMT & Ratatat)

On prend son souffle pour lire le track title et on sait plus trop qui a fait quoi entre remixé et featuré mais c’est pas grave.

Oui, j’aime vraiment bien, parfois.

Thunder de Yellow Claw & The Opposites

Mon Secret Move total de l’année. Les linguistes les plus reconnus de la planète débattent encore de la langue parlée dans le morceau.

Bonne écoute !

top 2016 – Reno – Pt 3/3 – Play that funky music white boy

J’ai passé beaucoup de temps en 2016 dans les compiles des labels Soul Jazz, Finders Keepers, Mississippi Records, Luaka Bop et Now-Again. Je vous présente donc ma compile des compiles de funky sounds. Je ne sais à peu près rien sur chacun de ces artistes, je vous laisse donc écouter tranquille et je me contenterai d’indiquer d’où ça vient. La plupart de ces morceaux sont introuvables sur spotify donc pour un temps limite, voici un lien pour un téléchargement direct (chut) :

Telecharger ici…

Afida Es & The Siglap Boys – Jangan Goda

Pop yeh-yeh malaisienne des années 60s.

Ervin Rucker – She’s Alright

Soul américaine des 60s

Fabio – lindo sonho delirate

Psyche Brésilienne des 60s

Formulars Dance Band – Never Never Let Me Down

Rock Nigérian des 70s

Georgette Sayegh – Ya Nassini

Psyché libanaise des 70s

Johnny Osbourne – Cant Buy My Love

Reggae Jamaïcain des 70s

  1. Osman & Orkes Nirwana – Kisah Disampang

Rock Malaisien des 60s

Marko Haavisto & Poutahaukat – Paha Vaanii

Rock Finlandais du début des années 2000, la chanson de M Osman m’a tout de suite fait pense a cette chanson de la BO de The man without a Past de Kaurismaki

Novos Baianos – America Tropical

Psyché Brésilienne 70s

Orchestre Poly-Rythmo De Cotonou Dahomey – Minsato Le, Mi Deyihome

Rock Béninois des 70s

Senior Soul – Is It Because I’m Black

Reggae Jamaïcain des 70s, reprise du classique de Syl Johnson

Shye Ben Tzur, Jonny Greenwood and The Rajasthan Express – Junun

Tirée de l’album paru en 2015 en collaboration avec Johnny Greenwood de Radiohead

The Abyssinians – Satta Massagana

Reggae Jamaïcain des 70s

The Valdons – All Day Long

Soul américaine 70s, grosse influence Curtis Mayfield

Tim Maia – Nco Quero Dinheiro (Ss Quero Amar)

Godfather of Soul brésilien, 70s

Wal Santana – Que Vida E Essa

Rock Brésilien 70s

Wells Fargo – Coming Home

Rock Garage Zimbabwéen des 70s

X’lents – psychedelia

Psyché indienne des 70s

top 2016 – reno – pt 2/3 – Albums

Mes 16 albums préférés de 2016, dans l’ordre alphabétique

Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter

Son album précèdent (Les ombres longues) m’avait déjà séduit, et j’avais inclus une chanson dans mon top Singles l’an passé. La formule n’a pas énormément change. Une voix profonde et ténébreuse qui chante des textes sur la mort, les écrasements d’avion et les peines diverses sur des arrangements délicats. Pas vraiment un disque pour réchauffer l’ambiance donc mais c’est extrêmement bien réalisé et on se fait vite happer par son univers. Cerise sur le gâteau, le bonhomme est en réalité fort sympathique et marrant en concert. Je l’ai récemment vu au festival hivernal en plein air « Noel dans le Parc » (ou il jouait dans un petit chalet en bois), et il ironisait pas mal sur le fait qu’aucune de ses chansons n’étaient appropriées pour l’évènement…

Car Seat Headrest – Teens of Denial

Probablement mon concert de l’année. 250 personnes dans un bar qui connaissent toutes les paroles et dansent dans tous les sens. Un groupe bien énervé. Une reprise sale de Blackstar de Bowie et l’agréable impression d’assister a un concert qu’on se remémorera dans 10ans quand le groupe aura été promu a des salles bien plus grandes. Lorsque je suis tombe sur le single « Vincent » avant la parution de l’album, je l’ai rejoué 5 fois de suite. Quelque chose dans la voix détachée, les guitares stridentes, les accélérations, les changements de rythmes, les enchevêtrements de mélodies et un cote sing-along génial. Puis l’album est paru. Douze chansons, qui contiennent probablement chacune 3 ou 4 chansons différentes. Ca déborde tellement d’idées que c’en est limite indécent. Et entêtant en plus.

Damien Jurado – Visions of Us on the Land

Ultime disque de la trilogie que Damien Jurado a commencé avec Maraqopa. Le tout raconte parait-il une histoire cohérente mais je dois bien avoue que je comprends rien. Ou du moins je n’ai jamais pris la peine d’essayer de comprendre la narrative. Sa musique me donne toujours l’impression d’écouter un groupe jouer une musique rêveuse et magnifique à travers une porte. On ouvre la porte et la pièce est vide. Ou du moins on s’est endormi et tous ses sons bercent des rêves psychédéliques. Je m’en fou de l’histoire en fait.

Daughter – Not to Disappear

« Doing the Right Thing » vient me chercher a chaque fois. Un coup de maitre. La chanson raconte à la première personne l’histoire d’une malade d’Alzheimer qui sombre peu à peu dans l’oubli. Une longue descente avec des moments de lucidité déchirants. Probablement le couplet qui m’a le plus touche cette année :

“And I’ll walk around, because it’s so nice outside and I like the way the sun feels

And when it’s dark I’ll call out in the night for my mother, but she isn’t coming back for me

Because she’s already gone

But you will not tell me that because you know it hurts me every time you say it

And you know you are doing the right thing”

Boom. Le reste de l’album n’est pas toujours à la hauteur de ce morceau mais reste d’excellente facture avec ses tonalites de guitare mélancolique et une profonde nostalgie qui s’en dégage. J’ai complètement loupe leur premier album (et toujours pas écouté depuis) et leur passage Montréalais malheureusement, mais c’est probablement une musique qui s’écoute mieux seul dans le noir.

David Bowie – Blackstar

Je ne pense pas avoir besoin de m’étaler particulièrement sur cet album. Un chef d’œuvre inattendu en tant que cadeau d’adieu d’un de mes artistes préférés. « The Next Day » avait de bons moments mais ne laissait aucunement présager qu’il était encore capable de cela. Un dernier revirement sonique complet. Teinté de jazz et d’expérimentations soniques, c’est incroyable d’imaginer qu’il a quasiment tout maquette tranquillement chez lui sur un petit enregistreur, jouant de tous les instruments, avant de l’amener au groupe qu’il avait assemble. Et encore plus impensable qu’il n’en aura plus d’autre.

Hamilton Leithauser + Rostam – I Had A Dream That You Were Mine

Je n’attendais pas énormément de ce nouvel opus de Hamilton Leithauser sans les Walkmen. Seulement voilà, il s’est acoquine avec Rostam, le multi-instrumentaliste de Vampire Weekend et il retrouve ici l’ancrage mélodique qui lui manquait sur ses derniers disques solo. Sa voix reste reconnaissable entre mille et le disque n’a clairement pas pour objectif de s’éloigner des sentiers qu’il a déjà battus et rebattus. Il en rigole d’ailleurs, chantant « “I use the saaaaaaaaame voice, I always had”. Seulement bien accompagne la sauce prend.

Iggy Pop – Post-Pop Depression

Il y a dix ans, Iggy sortait un album rempli de feats avec Sum41 et Green Day. Puis il a sorti des disques ou il reprenait « La javanaise » et « Michelle ». Bref, il était fini. Et pas qu’un peu. Et voilà que tout à coup il se fait pote avec Josh Homme, qui lui concocte un disque remplis de morceaux qui pourraient figurer sur un album de Queens of the Stone Age sur lequel il peut poser sa voix. Clairement travailler avec quelqu’un comme ça l’a bien inspire et il se donne. Comme au bon vieux temps. Ça fait plaisir de revoir notre vieil Iggy faire quelque chose d’aussi bon, et des vidéos live que j’ai pu voir il a l’air pas mal content aussi.

Isolation Berlin – Und aus den Wolken tropft die Zeit

Mon petit album allemand préféré de l’année. Des années passées à écouter du rock indépendant anglophone, régurgitées sous la forme d’un album en allemand. Chaque morceau évoque un groupe que l’on connait sans véritablement être capable de mettre le doigt dessus. « Aufstehn, Losfahrn » et « Fahr Weg » auraient tout a fait leur place sur un disque de Okkervil River. « Ich Kss dich » m’évoque un « Girl Band » (le groupe dont je faisais l’éloge l’an passé, pas les Spice Girls) teuton. Ca gueule et ca crisse. Mais quand ça gueule en allemand ca résonne toujours mieux. « Wahn » aurait pu être sur le premier album de Pavement. Bref, les références ne manquent pas à l’écoute de cet album mais ca fait du bien par ou ça passe.

James Blake – The Colour In Anything

Je suis tombe amoureux de la musique de James Blake avec Overgrown, son disque précèdent, quand il a commencé a vraiment mélanger son amour du son et des beats électroniques avec de solides morceaux. The Colour in Anything m’a d’abord un petit peu déçu. D’excellentes chansons mais le sentiment que l’album se traine un peu. Puis j’ai commencé à l’apprivoiser peu à peu, jusqu’à ce soir d’Octobre ou je le vis interpréter tout ça en concert. D’une simplicité déconcertante et avec une voix à couper le souffle, il a donné vie à ce qui sera probablement l’album que j’ai le plus écoute cette année. Une merveille. Un peu long, certes (j’aurais facilement coupe 3-4 morceaux) mais qui récompense ceux qui prendront le temps. A écouter au casque le soir. James Blake reste le meilleur artisan du son que je connaisse.

Jean-Michel Blais – Nostos

Pour ceux qui sont restes un peu sur leur faim avec la production de Nils Frahm en 2016 (BO de Victoria très électro, et un album de Nonkeen avec un ou deux bons morceaux mais pas de quoi se toiser) je conseille Jean-Michel Blais, pianiste Montréalais. Un jeune pianiste virtuose peut-il s’appeler Jean-Michel ? La question fait évidemment débat, mais force est de constater que oui. Jean-Michel est signe sur le label Arts&Craft (Japandroids, Feist, Broken Social Scene) et sors cette année un album de piano classique, purement instrumental, enregistre avec des micros proches des cordes comme Nils, d’une beauté sans équivoque.

King Creosote – Astronaut Meets Appleman

Bon, ce n’est pas Jean-Michel Creosote, mais il a également un nom et un titre d’album un peu ridicule. J’avais adore son album avec le musicien électronique Jon Hopkins il y a quelques années et je me suis pas mal épris de ce nouvel opus.  C’est parait-il son 40e album. Je n’ai pas tout suivi. Bel accent Ecossais. Je ne comprends qu’un mot sur deux. Je pense qu’il parle de principalement de bière de brouillard mais je ne suis pas sûr. Ça reste super.

Leonard Cohen – You Want it Darker

De nouveau tout a déjà été dit sur cet album, pas énormément a rajouter. Un superbe dernier opus pour Leonard. Quelque part, heureusement que c’était son dernier parce que sa voix devenait tellement grave que je ne suis pas certain que les oreilles humaines auraient été capables d’entendre sa voix sur le suivant. Je me marre aussi en pensant a Leonard qui essaye de trouver toutes les métaphores possibles au fait qu’il va mourir, un sourire aux lèvres. I’m Ready my lord, let me out of the game, I’m leaving the table, So blow out the flame, I’m traveling light, it’s au revoir, It’s over now, the water and the wine… Sacre farceur ce Leonard.

Michael Kiwanuka – Love and Hate

Belle surprise soul/pop de cette année. Danger Mouse aux manettes (s’il n’avait pas été trainé avec U2 je serais tenté de dire que Danger Mouse réalise un sans-faute ces dernières années). Un album qui s’écoute de part en part, des longs instrumentaux de la plage d’ouverture fantastique (« Cold Little Heart »), qui ne laissent en rien présager des rythmes blues qui suivent (« Black Man in a white world ») ou des détours pop (« one more night ») déjà remixés pour les clubs. Un album varié et maitrisé, que je serais assez curieux de découvrir sur scène dans une version dépouillée

Nick Cave & The Bad Seeds – Skeleton Tree

Le troisième mousquetaire de la trilogie macabre de 2016 avec Cohen et Bowie. Nick est heureusement encore avec nous mais la mort de son fils est au centre de son disque. Le film « one more time with feeling » m’a laisse sans voix. Sorti pour ce qui devait être une soirée unique et simultanée partout dans le monde, un cinéma local l’a rejoue quelques jours plus tard et j’ai pu y retourner une seconde fois. Un véritable tour de force dont on ne ressort pas indemne. Documentaire sur le deuil de la famille Cave alors qu’il réalisé ce nouvel album, le film reste d’une incroyable pudeur. Nick livre ses impressions sur l’impact du traumatisme sur son processus créatif. La mort de son fils n’est durant la première moitié du film qu’un poids énorme sur toutes les consciences, non-évoquée mais centrale… jusqu’à ce plan, passe la moitié du film, ou l’on retrouve Nick et sa femme, a table, en training (lui qu’on ne voit jamais qu’en costume), filmés frontalement, retenant les larmes en évoquant certains souvenirs. C’est dévastateur. L’album en lui-même est pour moi presque un accessoire au film. Une chanson comme « I need you » ne fonctionne pas sans les images pour moi, mais « Skeleton Tree » est probablement une des plus belles chansons qu’il ait écrit. Skeleton tree ne deviendra jamais l’album de Nick Cave que je mets sur la platine comme ca, pour le plaisir, mais ce sera probablement celui qui laissera la plus grande trace en moi. Je vais revoir Nick Cave cette année. Je ne pensais pas le revoir sur scène un jour. J’appréhende un peu. Ce sera difficile de le voir faire un set « best-of » comme a son habitude, mais a quoi pourrait ressembler un concert construit autour de « Skeleton Tree » ?

Operators – Blue Wave

Et bien oui. Je ne peux pas m’empêcher de mettre un album d’un ancien Wolf Parade dans mon top. Wolf Parade a d’ailleurs sorti un nouvel EP cette année et est en train d’enregistrer un nouvel album. De quoi provoque un petit écoulement urinaire chez un fan. Quoiqu’il en soit, malgré un nouvel EP et un nouvel album de Spencer Krug sous son étiquette Moonface, c’est au tour de Dan Boeckner de s’assurer une place dans mon top de l’année. Un album amusant, sans prise de tête, aux forts accents de pop des années 80s… mais teintée dans l’ambiance nocturne que Dan maitrise bien. Je suis une groupie de Spencer Krug, mais si je devais choisir avec qui aller boire une bière, ce serait avec Dans. JE pense que je passerais une excellente soirée.

Preoccupations – Preoccupations

Vietcong était dans mon top albums 2015. En 2016 ils ont accepté le fait que leur nom de groupe était de mauvais gout et ont donc choisi un autre nom merdique. Ils auraient pu s’appeler les « Libidinous Lounging Labradors » ou bien encore les « Golden Kittens from Neptune », je sais pas moi, mais non. Preoccupations. Soit. Clairement le choix du nom n’est pas leur fort, mais la musique est excellente. Toujours cette ambiance très lourde, voix distante, cette batterie militaire et ce son légèrement retro qui avaient fait mon bonheur sur leur premier album. Ils m’évoquent toujours un peu Killing Joke. Cette fois les morceaux sont un peu plus alambiques, avec au centre de l’album un morceau de maitre de 11 minutes que je recommenderais a quiconque a 11 minutes devant lui. Et tiens, qui fait une apparition vocale au milieu ? Dan Boeckner. Je vous jure que je le fais pas exprès.