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Brian Wilson presents Pet Sounds – Montreal 7/7/2016

brianwilson

Des mois que j’attends ce moment. Une salle remplie de septuagénaires aux cheveux gris (lorsqu’il y en a) qui tapent dans les mains pour donner le rythme à un papy plus tout à fait avec nous, immobile derrière son piano, qui chante majoritairement faux. Sauf que ce papy, c’est Brian Wilson, le cerveau des Beach Boys, et avec son groupe il réinterprète son album “Pet Sounds” de A à Z ainsi qu’une foule d’autres succès de la période de gloire des Beach Boys.

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Je savais dans quoi je m’aventurais, j’avais déjà vu Brian en 2004-2005 (?), avec ma maman, sur la tournée qui avait suivi la parution de “Smile”, 40 ans après le début de l’enregistrement. C’est pas une bête de scène notre Brian, il a perdu beaucoup de sa voix et clairement les décennies passées sous médication ont laissé des traces. Cette fois-ci il a passe la totalité du concert assis derrière un petit piano à queue noir, face au public. Impossible de dire s’il joue réellement quelques notes ou pas. Sur certains morceaux il se contente simplement d’introduire les chanteurs et reste ensuite droit comme i, sérieux comme un pape durant toute la chanson. Ça peut être décevant pour ceux qui s’attendraient a voir un Brian Wilson tout feu, tout flamme, mais son rôle s’apparente maintenant à celui d’un chef d’orchestre et c’était ici probablement la dernière opportunité d’entendre ces chansons en présence du maître, jouée comme il les entendait dans sa tête.
Ce rôle de chef d’orchestre n’est finalement pas si différent de celui qu’il jouait à l’époque de l’enregistrement de “Pet Sounds”. Il avait alors décidé d’abandonner les concerts (qui étaient donc assurés par le reste du groupe) pour s’isoler en studio avec le “Wrecking Crew”, un groupe de musiciens studios professionnels et anonymes qui ont enregistré d’innombrables classique (il y a un très bon documentaire sur eux si ça vous intéresse). Revenus de tournée les autres membres n’ont plus ou moins plus eu qu’a enregistrer leurs harmonies vocales.
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En tant que chef d’orchestre, il a assemblé ici un groupe de 11 multi-instrumentalistes virtuoses pour réinterpréter son album phare, invitant également au passage Al Jardine, un autre membre fondateur des Bach Boys à se joindre à lui pour la tournée. Entendre un album qu’on adule comme ça en concert, joué dans l’ordre, peut se révéler décevant mais ici ça prend tout son sens. Voir les musiciens passer d’un instrument à l’autre, observer les progressions, permet de pleinement réaliser la complexité de l’oeuvre. Difficile de concevoir qu’une personne ait pu imaginer tout cela dans sa tête et soit ensuite parvenu à le communiquer afin que cela devienne réalité… Le groupe qu’il a réuni contenait également une arme secrète, Matt Jardine, le fils de Al Jardine, qui possède une voix magnifique. Il a assure durant tout le spectacle la majorité des harmonies sans une seule fausse note, avec un timbre quasi identique que le groupe a l’époque. Bluffant. Sa version de “Don’t Worry Baby” a presque volé la vedette a l’album qui était célèbre ce soir la. Larme a l’oeil.
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Brian ne s’est pas montré avare avec le public (il pouvait bien vu le prix de la place). Une bonne dizaine de chansons de la belle époque pour débuter. Heroes and Vilains en ouverture, splendide, on y retrouve en fait tous les éléments qui donneront le prog-rock des années plus tard. Quelques classiques comme California Girls, I Get Around, Surfer Girl, etc. Un autre invité fait une apparition, Blondie Chapman. Il a fait partie du groupe pendant quelques années après la période de gloire et est une présence insolite ici, en décalage complet avec le reste du spectacle. Il se lance dans des grands solos de guitare Hendrixiens et saute d’un bord à l’autre de la scène… d’accord… merci Blondie. Ensuite Pet Sounds et Good Vibrations en clôture. Et puis en rappel tous les tubes dansants du groupe, Help me Rhonda, Surfin USA, Fun Fun Fun, Barbara Ann… De quoi décrasser les genoux du public et mettre à rude épreuve plusieurs prothèses de hanche. Faut oublier le contexte et se laisser aller pour véritablement profiter mais le public et moi sommes aux anges.
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Un seul regret, pas une seule chanson de l’album de noël des Beach Boys…
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Le grand cirque d’Alice Cooper – 21/06/2016

Je l’avais toujours pris pour un clown maléfique ringard. Et puis, un jour, j’ai écouté Billion Dollar Babies et Killer. Et en fait c’est un clown maléfique ringard et c’est génial.

Alors quand mon Oncle m’a annoncé qu’il se produisait au Cirque Royal, on a sauté sur l’occase.
Et on a pas été déçus.

On pourrait se dire que ça va être craignos, un sexagénère avec une mauvaise teinture, qui fait des grimaces pathétiques, devant un public bedonnant. Ah oui, mais Alice, il a le sens du spectacle. Il sait qu’il est vieux, mais il sait comment te le faire oublier! Avec des canons à confettis, avec des canons à fumée, avec des canons à bulles de savon, avec des flammes et des feux d’artifice!

En raison de cette pléthore d’effets spéciaux, les faits décrits dans ce post sont susceptibles de ne pas correspondre entièrement à la réalité, mais à l’image que je me suis fait de la réalité, étant en choc visuel permanent.

Sur la scène, le regard lugubre d’Alice Cooper sur une énorme toile. Et puis le “tin-tin-tin” de “No More Mister Nice Guy” retenti, la toile tombe, et voilà Alice, ce satané sexagénère, dans son beau costume rayé noir et blanc.
Il enchaîne sur “Under my Wheels” et déjà j’exulte.

Après ça, tout est confus… Les flammes, les confettis, la ballerine mécanique, Alice qui agite des dollars empallés sur une épée au dessus du public, “Billion Dollar Babies”, la guitariste qui n’arrête pas de balancer ses onglets dans le public, “Poison”.
Sur “Feed my Frankenstein”, Alice est attaché sur une machine électrique, pfuiiiiit, fumée, beaucoup de fumée, très beaucoup de fumée, Alice a disparu et un géant de 5 mètres de haut se met à courir derrière une infirmière sexy.

L’infirmière revient avec Alice et lui met une camisole.
Arrive la guillotine, le bourreau, et paf, la tête dans un panier, grosses projections de sang. Le bourreau l’exhibe fièrement. “I love the Dead”

Mais le docteur et l’infirmière sexy vont ramener son corps à la vie, dans un cimetière brumeux, entre les tombes de musiciens célèbres. Alors il enchaîne sur une reprise des Who, de Jimi Hendrix “Fire”, de David Bowie “Sufragette City” et de Mötorhead.

Il termine sur “School’s out” et revient pour “Elected”, coiffé d’un haut de forme, et rejoint par deux marionettes humaines, Donald Trump et Hillary Clinton, qui se tabassent et s’embrassent. Canon à serpentins, feux d’artifices, c’est fini.

Ce qui est sûr, c’est que quand tu mets 40 balles pour ton billet, Alice Cooper investit chaque centime dans son show, plutôt que dans un projet de tour triangulaire avec un oeuf au sommet pour satisfaire l’ambition mégalomaniaque d’un groupe irlandais ayant perdu l’inspiration depuis les années 80.

Si j’avais un gamin, plutôt que de l’emmener au cirque Bouglione, je l’emmènerait au cirque burlesque macabre d’Alice Cooper, ça ne fait aucun doute. C’est le meilleur show de tous les concerts que j’ai pu voir, sans hésitation! A ne pas manquer!!!

Si vous voulez entendre ce que Franck Zappa a à dire sur Alice Cooper :

At the Drive-In @ Ancienne Belgique 01/04/2016

La soirée qui aurait rendu Reno malade!
D’un côté, à l’Ancienne Belgique, At the Drive-In, reformé après 15 ans de séparation.
De l’autre côté, au Botanique, Animal Collective.
Heureusement, étant à Montreal, il n’a pas du faire ce terrible choix, et n’aura vu aucun des deux.
Pour moi, il n’y a eu aucune hésitation 😉

Donc, dans l’épisode précédent, At the Drive-in, au sommet de sa gloire, avec la sortie de Relationship of Command, en 2000, dans la foulée d’une tournée, laissée inachevée, se sépare, en 2001.

15 ans plus tard, me voilà devant l’Ancienne Belgique, avec des attentes irréalistes et l’appréhension de les voir déçues.

Les Butcherettes ouvrent la soirée. Blablabla on s’en fout. Suivant.

Les voilà qui montent sur scène! Omar Rodriguez-Lopez, Cedric Bixler Zavala, le gars qui tape avec des bout de bois sur des caisses, et celui qui joue la guitare à 4 cordes. Jim Ward a décidé en dernière minute de rester à la maison, et est remplacé par cet autre type qui gratte une planche à 6 cordes. Je ne sais pas si c’est pour une histoire de fer à friser ou de poupée vaudou égarée.

Tout de suite, je voudrais casser le suspense. Un concert de At the Drive-In, ça commence avec Arcarsenal et ça termine avec One Armed Scissor. Entre les deux, quasiment tout l’album Relationship of Command, et quelques plus anciens morceaux. Pas de nouveautés, par contre Bixler parle d’un nouvel album. Faut-il le croire? J’aurais tendance à dire non.

Donc tout de suite ça balance fort. A gauche, Rodriguez-Lopez fait aller sa guitare comme un Jimmy Page, au centre, Bixler saute du haut des amplis, s’étrangle avec le cable du micro, se déhanche comme un possédé et direct se jette dans le public.

Ils n’ont rien perdu en énergie et en talent. Faut dire, que c’est pas des Fred Durst qui jouent à Yatzee, sur les chiottes, depuis 10 ans. Mars Volta les a gardé affutés. Peut-être même qu’ils sont plus pros qu’avant, tout en restant sauvages?

Devant, ça saute grave, et les refrains sont repris en coeur. Personellement, je n’ai jamais compris un mot de ce qu’ils criaient.

Un petit mot sur les attentats de Bruxelles. Peace & Unity.

Invalid Litter Dpt et Enfilade. Bixler sort le mélodica.

One Armed Scissor en rappel. “I think you might know this one” qu’il dit!

A part l’absence de Jim Ward et de sa voix de gueulard, il n’y a vraiment rien à redire. Ils jouent tout ce qu’on peut espérer qu’ils jouent et le font à fond la caisse. Ca donne envie de gueuler dans un groupe et d’avoir encore des cheveux. Et tous ceux qui disent le contraire sont des pisse-vinaigre ou des fans de Animal Collective.

OK, je suis un peu de mauvaise fois, mais putain, c’était bon.
Pour comparer avec il y a 15 ans :

Mon hiver metal – Black Sabbath vs Iron Maiden

J’ai récemment eu l’occasion de voir deux légendes du métal sur scène, ce qui me permet de me livrer a un agréable petit exercice de comparaison. En guise de préambule, je tiens a souligner que je suis relativement ignare en ce qui concerne la discographie de ces deux groupes, mais je les apprécie a distance.

Entree sur scene 
Black Sabbath : Vidéo de bâtiments en feu, de pleins de choses qui brûlent, puis “Black Sabbath” en lettres de feu. Ils aiment les trucs qui crament visiblement. Le rideau tombe, Ozzy est sur scène en grand prêtre satanique, son groupe discret derrière.
Iron Maiden : Vidéo de leur avion pris dans la jungle, un Eddy géant s’en empare et le lance dans les airs, il decole… chanteur seul sur scène dans un décor de temple maya, flambeaux, fumée, un autel propice a une petite incantation, solo vocal, puis le groupe apparaît
Gagnant : Iron Maiden
Costumes
 
Black Sabbath: Ozzy en long imperméable de cuir noir, le reste du groupe banal
Iron Maiden : Le chanteur en pull a capuche tout ce qu’il y a de plus commun, par contre le reste du groupe est incroyable, comme si les années 80 ne s’étaient jamais terminées. Vestes en jeans sans manches, pantalons moulants troues, coiffures magnifiques de Hair Metal.
Gagnant : Iron Maiden
Show
Black Sabbath : Projections de feu en arrière du groupe. un petit coup de chalumeau de temps en temps.
Iron Maiden : Décor de temple maya.  Arrière fond qui change toutes les chansons (eddy dans la foret, eddy sur le champs de bataille, eddy a la plage, eddy a la piscine, eddy tond la pelouse). Un vrais eddy qui arrive sur scene pour se battre avec le chanteur, qui gagne le combat, lui arrache le coeur, le tord entre ses mains dégoulinantes de sang et le jette dans la foule. Des eddy gonflables géants. Pyrotechniques en tout genre.
Gagnant : Iron Maiden
Setlist
 
Black Sabbath : J’ai reconnu Iron Man et War Pigs. Le public semblait aux anges. Un homme proche de moi a chante toutes les paroles de toutes les chansons. Impressionnant. Un concert Best-of vu que c’est leur tournée d’adieu
Iron Maiden : Fear of the Dark, Number of the Beast, Iron Maiden… et pas mal de chansons que je ne connaissais pas, anciennes mais aussi nouvelles vu qu’ils faisaient la promotion d’un nouvel album (qui, de ce que j’ai entendu, ressemble a tous leurs autres albums).
Gagnant : Égalité
Chanteurs
Black Sabbath : Ozzy n’a plus tout a fait la voix de ses jeunes jours, et il n’était pas non plus gâté par le mix. Ceci dit, il n’a probablement plus toutes ses facultés non plus. De loin, il ressemble plus a ma grand mère qu’a un chanteur de métal. Sharon lui a refait sa teinture avant qu’il prenne la route.  Entertainer hors pair, il semblerait qu’il ait reçu quelques conseils de Patrick Sebastien. Et tout le monde met ses petits bras en l’air, a gauche, a droite, on tape dans les mains, a vous le public, les briquets, et un super “ole ole ole oleeeeee” footballistique final, complètement en décalage avec la musique mais assez attendrissant.
Iron Maiden : Pro jusqu’au bout des ongles. Show chorégraphié dans ses moindres détails, changements de costume, voix impeccable. Il n’y aucune place pour de l’improvisation mais c’est extrêmement efficace.
Gagnant : Iron Maiden
Conclusion
 
Un show savamment orchestré avec un groupe pro qui peaufine la recette du show metal parfait sans interruption depuis 30 ans d’un cote, un show qui ressemble plus a une dernière tournée de tiroir caisse retraite en Floride par un Ozzy grille mais attendrissant de l’autre. En amateur de metal modéré je vais prendre le premier, avec un petit plaisir coupable, mais je succombe a la démagogie de ce groupe qui m’offre tous les cliches que je suis venu chercher a un show d’Iron Maiden.
vs
(Y’a des tares qui filment tout un concert)

Scout Niblett @ Beursschouwburg 12/04/2016

Ca faisait beaucoup trop longtemps que je n’avais plus vu Scout Niblett. Depuis sa calcination en 2010.
Depuis lors, It’s up to Emma a tourné tellement de fois sur mon lecteur MP3, qu’il en est mort.
Je me languissais donc de la revoir, et interpréter les morceaux de It’s up to Emma.

Pour l’occasion, c’est le Beursschouwburg qui l’accueuille, dans sa salle chaleureuse et branchouille.

On ouvre sur Adele Nigro, chanteuse du groupe italien Any Other. Avec son look un peu grunge, toute seule avec sa guitare, un peu timide, mais une voix qui assure bien. Ca aurait plu à Bruno! Et pour moi, ce soir là, ça a bien fonctionné.

Puis arrive Scout. Cheveux courts, seule, détendue.
Elle ouvre sur un morceau que je ne connais pas. Quelque chose avec “it ain’t no Disneyland”.
Puis un “Just do it”, disto à fond la caisse, tapotant sur les cordes. Elle crachote “I’m a doer!” avec rage.

Elle lance un “Any Questions?”. Where is the band? demande quelqu’un. They were fired!
OK Scout.
The calcination of Scout Niblett, My beloved, puis Your last chariot.
Elle tape du pied. Comin’ to get ya, comin’ to get ya! Et termine sur un petit sanglot.


Du coup, elle enchaîne sur Gun et ça fait du bien. La guitare crache de nouveau.
Sale et jouissif.


Encore quelques nouveaux morceaux. Elle annonce un nouvel album pour très bientôt.
Kiss
Elle accorde sa guitare.
What can I do, Meet and Greet…


Pas de rappel
C’est intense et ce matin je l’entendais encore hurler dans mes oreilles : “Oh baby, what can I do”

Girl Band @ Botanique 20/10/2015

D’abord il y a eu une première partie belge, the K, qui bourrinait du rock nineties.

Et puis, les filles sont montées sur scène.
La blondinette de dos, danse en tirant sur son t-shirt de Metz, pendant que ses amies commencent à faire du bruit.
Et puis elle se retourne pour chanter et c’est un homme.
D’ailleurs à bien y regarder, toutes ces filles sont des hommes.
Le batteur tape tape tape dans le fond; tour a tour, le bassiste et le guitariste saturent le son dans leurs coins; et au milieu, le chanteur débite comme un hystérique électrisé (toujours en tirant tant et plus sur son t-shirt de Metz).
Dans le public de la Rotonde ça pogote à l’avant, un petit blanc avec de longues rastas moches, deux chauves fin de trentaine à lunettes, une fille headbang ses jolis cheveux auburn toute seule devant la scène.
Why are they hiding bodies under my garage? devient presque dansant.
D’autres morceaux que j’avais écouté mais dont je ne connais pas le nom.
Et quelques morceaux très courts, genre 30 secondes, vachement cool.
Après 1 heure, ils avaient tout donné, je suppose et sont repartis.
Pour moi c’était parfait comme ça, je crois que plus long ça m’aurait lassé.

Avant tout pour les amateurs de cuir et de sueur.

Protomartyr @ Botanique 09/11/2015

Je suis arrivé au Bota, à 19h45, comme un bon Belge.
On était 7 dans la Rotonde…
Première partie belge, comme d’hab.
On devait être 30, quand le groupe d’ouverture est arrivé, avec leurs costumes de scène affligeants.
Peu d’enthousiasme dans la salle. Ca n’a pas dû être agréable pour eux.
Ouvrir au Bota, c’est vraiment ingrat.

L’ingé son, n’a même pas pris la peine de mettre de musique entre les deux groupes, pour bien laisser retomber l’ambiance de feu…

21h, Protomartyr monte sur scène. ‘Wepro’oma’tyr, we from Detroit’
Visuellement, ce groupe ne ressemble à rien. Un guitariste qui a l’air d’un gamin autiste dans un corps trop grand, un bassiste, genre gamer fan de métal, et ce chanteur qui est une sorte de comptable dépressif qui se serait enfoncé dans l’alcool, les mains dans le dos, comme un prof qui surveille un examen. Le batteur a l’air normal.
Tout de suite ça envoie du bon son, bien lourd. Post punk à fond la caisse. Les têtes s’agitent dans le public.
J’ai cru entendre le portier qui disait qu’il y avait une septantaine de personnes.

Le chanteur, tantôt nonchalant ‘They lie, they lie, they lie’ , tantôt colérique ‘Scuuuum! Riiiiise!’.
Toujours les mains dans le dos, parfois s’envoie une lampée de Maes en bouteille, parfois le visage grimaçant, comme les dingues qu’on peut croiser dans les parcs, et qui parlent tout seul.
Ils enchaînent bien le nouvel album et quelques unes du précédent (‘come and see’, scum, rise’, ‘bad advice’…).
Puis, regardant sa montre ‘Two more!’
Finalement ils reviennent ‘OK, one more. We can squeeze two even’

Il est 22h. C’était un chouette concert, mais pas sur que le Bota soit l’endroit idéal pour ce genre de groupe. Il aurait fallu un groupe en retard, un bar dans le fond de la salle et un public impatient et bouillant qui se rempli de cervoise…

22h30 je suis à la maison. Rock and Roll!