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Billy Bragg à dissoudre

Alors que le Royaume-Uni a décidé de larguer les amarres et de se laisser dériver et dissoudre dans l’océan atlantique comme l’Alka Seltzer que les “Remain” ont dû avaler, j’ai décidé de nous rafraîchir la mémoire sur Billy Bragg.

C’est qui Billy Bragg? ou plutôt c’est quoi Billy Bragg?

Billy Bragg c’est un chanteur de chanson d’amour, dans The Saturday Boy

dans A Lover Sings

et encore dans A New England

Billy Bragg, c’est aussi un chanteur férocement engagé. Un chanteur qui a marqué son combat contre le thatchérisme avec la guitare qui gueule de Which Side Are You On inspiré d’un titre de 1931 de Florence Reece et des grèves des mineurs britanniques de 1984 et 1985.

Engagé toujours dans l’hymne à bottlenecks très évident de There Is Power In A Union

Billy Bragg, c’est aussi un artiste qui joue encore dans de petites salles et qui est très actif sur facebook où, je vous rassure tout de suite, il ne verse pas tellement dans le discours révolutionnaire.

Une belle sélection de ses titres sont à retrouver dans la playlist Youtube :

Soul Explosion Vol-2 – Pre ’67 Awesomeness


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Pour ce 2eme volet de mes compilations Soul Explosion, je continue sur la même période pré 1967 couverte dans le volume 1 (et disponible ici) mais je m’attarde cette fois sur quelques artistes qui n’ont jamais connu le même succès que ceux du volume 1, qui ont oeuvré dans l’ombre des stars, ou bien encore ont connu le succès avec quelques singles avant de redisparaître (injustement) dans l’obscurité. Même si moins connus, l’impact que ces chansons ont eu est souvent stupéfiant. Bon nombres ont été reprises, samplées, volées.

Prenons Arthur Alexander par exemple, dont une reprise de “You Better Move On” figurait sur le premier EP des Rolling Stones, imbibés a l’époque dans cette musique viscérale et tellement étrangère aux banlieues anglaises (des années plus tard ils iront enregistrer a Muscle Shoals, toujours fascinés par tout ce qui était sorti des studios FAME). Wendy Rene retrouvera le haut de l’affiche via un sample du Wu Tang. Syl Johnson verra ses morceaux samplés tant chez Kanye West, Public Enemy que Michael Jackson. Et puis il y a Rufus et Carla Thomas, père et fille, qui officieront chez Stax durant des années dans l’ombre d’Otis Redding. Carla enregistrera un album complet de duos avec Otis mais ça ne suffira pas a propulser sa carrière solo, tandis que Rufus restera un des grands talents sous-estimés de Stax, se taillant une carrière a coup de gros succès loufoques suivis de périodes creuses. Plusieurs des femmes présentes sur cette compilation ont également préferé raccrocher leur micro pour élever des familles après quelques succès timides. Il y aurait d’ailleurs de quoi faire tout un billet sur la place de la femme aux débuts de la Soul, et sur les pionnières comme Barbara Lynn, chanteuse, guitariste et compositrice noire au Texas en 1962.

Cette compilation contient aussi une chanson d’un de mes artistes soul préférés, Howard Tate. Autant de talent vocal qu’Otis Redding mais probablement pas au niveau de l’écriture. Son album “Get it While You Can” figure aisément dans mon panthéon des meilleurs albums soul de l’histoire. Il n’est pas disponible sur Spotify, hormis dans une version live pas terrible que j’inclus pour le principe. Pour la version originale, j’implore le dieu Youtube.

Ce qui est merveilleux avec cette époque et cette musique, c’est que suite a l’explosion des Otis, Aretha et Sam, il semble y avoir eu une sorte de ruée vers l’or durant laquelle n’importe quel petit talent local était a même de trouver un studio pour enregistrer un 45 tours. Résultat, le genre regorge de merveilles cachées, qui ont suscité la folie Northern Soul en Angleterre dans les années 70 (dont nous reparlerons probablement) et continuent aujourd’hui de constituer une source inépuisable pour les compilations Numero Group (dont nous reparlerons aussi probablement). Ma dernière trouvaille en date vient pourtant tout droit du professeur Billen, qui a repéré Lee Moses dans la BO du film “L’appolonide”. Fabuleux, merci professeur.

Vous serez également probablement ravis d’apprendre que certains sont encore actifs de nos jours, mais étant donné leur age vénérable ils ne s’aventurent plus très loin de chez eux. J’ai eu le plaisir de voir Barbara Lynn récemment a Montréal, avec sa guitare dorée. Sa voix n’a pas changé et elle a tout gardé de son style de guitare unique. Syl Johnson tourne toujours aussi, je ne désespère pas que nos chemins se croisent.

 

 

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Soul Explosion Vol-1 – Pre ’67 Classics

UNSPECIFIED - JANUARY 01:  Photo of Sam Cooke  (Photo by Michael Ochs Archives/Getty Images)

Ceux qui me côtoient savent que j’ai développé ces quelques dernières années une petite passion inattendue pour la musique soul/R&B des années 60 et 70. C’est arrivé très soudainement. Je pense que je peux retracer cela à mon gout pour la pop sucrée des années 60. Nous sommes en 2011 et je me délecte des vieux albums de Dusty Springfield, des Shangri-Las, et des compilations de productions Phil Spector. J’apprécie particulièrement ses morceaux avec les Ronettes, Ike & Tina Turner et les Crystals. Une chose mène à une autre et un jour dans les locaux d’un disquaire Montréalais une pochette retient mon attention : Wendy Rene – After Laughter comes Tears (réédition de Light in the Attic). Wendy Rene occupe la majeure partie de l’image, arborant un beau brushing, une robe proprette, et une position Doo-Wop. Je l’achète sans jamais avoir entendu une seule note et c’est le coup de foudre. La compilation tourne en boucle à la maison, et comme à mon habitude, je ne peux pas me contenter de simplement écouter le disque. L’historien en moi commence ses recherches, découvre son association avec le label Stax dont je connais la réputation mais auquel je ne me suis jamais trop intéressé. Petit à petit je creuse tous les artistes du label, j’enchaîne avec les productions de Muscle Shoals, les artistes d’Atlantic. J’effleure la surface du Motown mais le cote très poli me touche un peu moins. La soul du sud est plus brute. Mon intérêt pour cette période ne passe pas inaperçu. Le disquaire commence à me conseiller des trucs, sort des perles de sa remise, me garde des disques sous le comptoir pour ma visite suivante. Belzebuth. Quelques années plus tard je suis toujours aussi feru, et probablement un peu plus éduqué sur l’influence qu’a eu cette musique sur tout ce qui a suivi… Je ne mentionnerai pas le fait que David Bowie y a puisé allègrement pour l’enregistrement de “Young Americans”. Non, on a assez parlé de Bowie comme ça.

En guise d’amuse bouche pour tous les billets sur la soul qui apparaîtront surement dans les prochaines années , j’ai donc préparé une petite série de compilations intitulées “Soul Explosion”. Le titre est une référence à la grande conférence promotionnelle organisée par Al Bell pour Stax en 1968. Le label venait alors de perdre les droits sur tout son catalogue pre 1967 suite à sa rupture avec son distributeur Atlantic Records et à un mauvais contrat signe des années auparavant. Al Bell décide de relancer le label en grand en recréant un catalogue complet du jour au lendemain. Une vingtaine de nouveaux albums d’artistes de l’écurie Stax ont été enregistrés à toute vitesse pour relancer le label et prouver au monde que Stax renaissait de ses cendres. Les compilations ne se limiteront par contre pas à Stax, je leur vole juste le nom.

Ce premier volume est dédié aux superstars de la période pré 1967. La soul enregistrée à cette époque possède une naïveté, un optimisme, et une joie de vivre qu’on ne retrouvera plus dans les années suivantes. Bien évidemment, être noir dans l’Amérique des années 60 n’est pas toujours facile, mais les artistes n’osent en majorité pas encore aborder le sujet frontalement dans leur musique. Les revendications ambiantes restent relativement absentes de la musique soul populaire jusqu’à ce que Sam Cooke, influenceé par Dylan, enregistre “A Change is gonna come” en ’64, juste avant de mourir (abattu par une tenancière de motel blanche, pas de quoi émouvoir la police locale à l’époque). Ce seront par contre la mort d’Otis Redding dans un accident d’avion avec la majorité des Mar-Keys en ’67, la montée de la répression contre les manifestants pour les droits civiques et finalement l’assassinat de Martin Luther King en ’68 qui marqueront réellement la fin de cette période. La musique se fera beaucoup plus engagée, féroce, et moins pop. Nous y viendrons, mais pour l’instant voici une playlist avec 16 artistes mythiques sans qui la soul n’existerait pas, dans leurs versions les plus joyeuses.

Et pour quiconque s’intéresse à Stax, à la soul ou aux mouvements civiques américains des années 60, je ne peux que trop conseiller le livre “Respect Yourself” :

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Bye Bye Bowie – ou comment David Bowie a façonné mes gouts musicaux

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J’ai découvert David Bowie au tournant de l’an 2000. Avant ce n’était pour moi qu’un nom mythique, un gars qui aime bien se déguiser, le mec de “Let’s Dance”, ou encore le type qui ressemble à Tina Turner dans Labyrinthe.

Puis, je ne sais plus comment ni pourquoi, j’ai acheté la compilation « Bowie at the Beeb ». Je pense que je découvrais alors le monde de John Peel et de la BBC, et j’avais dû lire une bonne critique de cette collection. Première écoute, surprise. « In the Heat of the Morning » ne ressemble pas du tout à ce que j’avais imaginé. Une intro qui fait penser au « Like a Rolling Stone » de Dylan, une ligne de synthétiseur digne des Animals et une voix qui fait plus penser à Tom Jones. Rien à voir avec “Let’s Dance”. Je m’attendais en fait à quelque chose de plus bizarre.

L’écoute se poursuit. Tiens, il reprend « Le Port d’Amsterdam » de Brel, comment ose-t-il ?! Notre Brel ? En anglais en plus ? Indignation. Boooo Bowie. Mais… mais… en plus c’est réussi? Impossible. Suit la chanson qui scellera mon amour de Bowie, « God Knows I’m Good ». Ce n’est pas la meilleure chanson de Bowie, techniquement il n’y a pas grand-chose à voir, Bowie n’a pas encore sa grande voix de la période Berlinoise, mais l’interprétation est passionnée. Et surtout, ce titre répété aux multiples sens, aveu d’un ego démesuré et supplication pour que Dieu détourne le regard pendant qu’il fait des conneries. De quoi résumer sa carrière.

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De la nait une fascination pour le personnage et sa musique. Époque faste pour les amateurs de disques vinyles, je me procure dans les deux années qui suivent la quasi-totalité de sa discographie pour une bouchée de pain. De « Space Oddity » jusqu’aux années 80. Je n’écoute plus que lui. Mais je m’arrête aux années 80s, à l’album “Scary Monsters” pour être exact. Les orchestrations de l’époque ne me plaisent pas, et surtout, je sais que si je continue, je vais tomber sur “Let’s Dance”. Et s’il y a une chose qui est sure, c’est que je ne veux pas tomber sur “Let’s Dance”. On en reste là donc. Ca fait tout de même une quinzaine d’albums à digérer.

Une quinzaine d’albums ? Ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Il est impossible pour moi d’estimer l’impact que Bowie a eu sur mes gouts musicaux et ma curiosité en la matière. Tomber dans Bowie c’est ouvrir une véritable boite de Pandore car l’homme a de tout temps puise dans les courants musicaux naissants pour créer son œuvre. On peut débattre longtemps de ses qualités d’innovateur mais son talent pour digérer un courant musical et en recracher sa propre interprétation est indéniable. Si on commence à creuser un petit peu, on découvre une mine d’or d’influences assumées. Ces premières années en sa compagnie mon propre univers musical croit exponentiellement. Quelques exemples.

Donc Bowie époque Ziggy c’est du « Glam Rock » me dit un magazine… et il est pote avec un mec qui s’appelle Marc Bolan de T-Rex ? Connais pas. Ah ouais. T-Rex. Putain, T-Rex.

Glam Rock comme aussi… les New York Dolls ? qui étaient vaguement apparentés a une scène qui tournait autour du CBGB… avec Television, Talking Heads, Blondie… et leur guitariste c’est Johnny Thunders ?

Et c’est quoi cette version d’ « Amsterdam » ? Semblerait que ça ait été traduit par un dénommé Scott Walker. Même qu’il en aurait fait d’autres après une carrière dans un groupe a midinettes (et bien avant de faire de la musique expérimentale en tapant sur des pièces de viandes)

Tiens, Bowie a aussi produit des trucs avec Lou Reed ? Transformer ça s’appelle. Ouais, je connais quelques chansons en fait. Tiens, peut-être que la carrière solo de Lou Reed vaut la peine aussi

Un disque des Stooges a une brocante. Me semble que Bowie a fait un truc avec les Stooges (Raw Power). Je prends. Cool ce truc. Mes potes aiment bien Iggy Pop solo aussi. Ah, tiens, c’est Bowie aussi.

Puis c’est quoi cette fameuse trilogie berlinoise ? Krautrock ? Kraftwerk, Neu, Can ? C’est bien ca?

Le tout produit par Brian Eno. Parait qu’il n’est pas mauvais non plus non celui-là.

… et la liste est infinie…

Je ne le sais pas encore, mais Bowie est en train de façonner la manière dont j’écoute la musique et de devenir une sorte de mètre-étalon. Des années plus tard, je découvrirai (mais pas via Bowie) un autre de mes musiciens favoris dans le groupe Wolf Parade, Spencer Krug. Ma fascination pour Spencer Krug est directement issue de celle pour Bowie. Pianiste. Voix fluette. Textes remplis de métaphores. Un gout pour le mystique. Changements fréquents de direction, quitte à perdre une partie du public en chemin. Tout y est.

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Mais revenons à David. En 2002 sort un nouvel album, « Heathen ». Je ne m’y intéresse pas tellement car je suis persuadé que ses belles années sont derrière lui. « Ashes to Ashes » et puis s’en va. Ce duo avec Mick Jagger n’a jamais existé en ce qui me concerne. Puis j’entends « Slow Burn » a la radio. What the fuck ? On m’a menti? Je me procure l’album et il entre immédiatement dans mon top 5 du monsieur. Sa voix est magnifique. L’album mélange des moments pop/rock très accessibles et des passages beaucoup plus avant-gardistes, retour à la guitare, retour à une collaboration avec Tony Visconti, imagerie magnifique. Cet album servira de bande sonore à de très beaux moments des années plus tard. C’est celui que je ressors régulièrement pour ceux qui ne connaissent que le Bowie époque Ziggy. « Reality » suit, de bons moments mais un peu moins réussi dans l’ensemble. Qu’à cela ne tienne, une tournée est annoncée, je vais enfin le voir. Les places pour le SportPaleis se vendent avant que je ne parvienne à en avoir une. Merde. Je ne m’acharne pas à essayer d’en trouver une, pris dans les études. Puis il est annonce pour le festival Werchter. J’achète une place. Il ne s’y présentera pas. Malaise sur scène l’avant-veille. 2ManyDJs remplace et entame son set avec « Rebel Rebel ». Non.

Les années passent. Je me fais une raison. L’homme est à la retraite.  Un jour au cinéma, scène finale de « inglorious Basterds » et « Cat People » retentit. Je ne connais pas cette chanson de Bowie ?! Elle est super en fait. Quoi? Elle est sur « Let’s Dance » ? Direction mon disquaire, y’a toujours une copie qui traine pour quelques roupies. En fait c’est un excellent album pop. Mes gouts ont dû changer car je l’écoute avec beaucoup de plaisir. « Modern Love » me fait penser à « Footloose ». Impossible de ne pas aimer donc. Coquin de Bowie. Il a beau être a la retraite, il me surprend encore. Va falloir revisiter sa période 80s-90s. On va pas se mentir, il n’y a pas que des perles, mais définitivement, « Let’s Dance », « Outside » (ses retrouvailles avec Brian Eno) et son groupe de rock « Tin Machine » sont à sauver. Même dans le techno-Bowie de « Earthling » il y a du bon (pour les amateurs de Drum n Bass), mais là j’avoue que c’est peut-être le fan qui parle.

« The Next Day » sera une surprise. Bon album, mais la joie de ces retrouvailles inattendues est plus grande que le plaisir d’écoute. Une tournée David ? Non? D’accord. C’est pas grave, continue à faire de la musique quand même s’il te plait. Quelques singles continuent de sortir et « Blackstar » est annonce. Un album a la pochette noire, avec une étoile découpée (du moins dans sa version vinyle). La première pochette de sa carrière sur laquelle il ne figure pas, je pense immédiatement. Je l’achète le jour de sa sortie sur base des singles et c’est un album magnifique. Bowie is back. J’imagine une tournée triomphale. Il n’y en aura pas. Bowie a déjà tue nombre de ses personnages à travers les années mais il semble que cette fois ci soit la bonne. Une sortie théâtrale, parfaitement orchestrée même. Cracked Actor, va. RIP Bowie, merci pour tout, tu l’auras réussi ton Rock n Roll Suicide.

Deux playlists en écoute. La première est composée des meilleures chansons méconnues de l’homme. Tout le monde peut se procurer le Best of Bowie facilement pour les tubes, autant offrir autre chose. Sauf que j’inclus la version allemande de « Heroes » parce qu’au fond, tout est plus chouette en allemand (a partir de 2.15). Et j’aime bien l’entendre crier « Ich, Ich bin der Koenig! ». La deuxième est une sélection de toute la musique que je lui dois.

1976: David Bowie poses for an RCA publicity shot in 1976. (Photo by Michael Ochs Archives/Getty Images)
1976: David Bowie poses for an RCA publicity shot in 1976. (Photo by Michael Ochs Archives/Getty Images)

Boogaloo Joe Jones

¡Feliz cumpleaños Pedro!

[... et bon anniverbierre]

Envie de prononcer un nom cool? Envie d’écouter de la musique cool?

Le nom: Ivan ‘Boogaloo Joe’ Jones

La fonction: psychedelic soul-jazz guitarist

Le surnom ‘Boogaloo Joe’ il l’a reçu à la suite de l’album éponyme sorti en 1969 chez Prestige Records. Mieux vaut se différencier quand on est un artiste du nom de Joseph Jones. Son jazz est sérieusement blues et les morceaux sont pleins de bonnes percus, de sax et d’orgue électronique.

En plus de ses compositions ‘Boogaloo Joe’ s’est permis quelques reprises et adatpations telles que celles de Georgia on My Mind, The Beat Goes On ou encore Light My Fire.

Heureusement pour nous, l’ophtalmo devenu ingénieur du son Rudy Van Gelder était également chez Prestige. On ne peut qu’admirer la qualité d’enregistrements comme “Right on Brother.”

Album solide et funky… chaudement recommandé. Probablement un bon achat pour les amateurs de vinyls. Et un bon exercice pour ceux d’instruments à cordes.


-- ALBUM RECOMMANDE --

Prestige Records
PR 7766   Boogaloo Joe Jones - Right On Brother
Rusty Bryant (tenor,alto saxophone) Charles Earland (organ) Boogaloo Joe Jones (guitar)
Jimmy Lewis (electric bass) Bernard Purdie (drums)
Rudy Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, NJ, February 16, 1970
Right On
Things Ain't What They Used To Be
Poppin'
Someday We'll Be Together
Brown Bag
Let It Be Me

Le Boss a toujours raison

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Bruce, le Boss, l’homme à la casquette rouge dans la poche arrière de son jean, l’icône américaine, sublime et ringarde. Personne ne porte le singlet, le t-shirt blanc ou la chemise canadienne, comme lui.

Mais connaissez-vous Bruce au delà de cet hymne de stade insupportable : Born in the U.S.A.?

Le Boss c’est ton meilleur pote, dans toutes les situations. Il a les réponses à tous les problèmes passés, présents et futurs, à toutes les questions que tu te poses et que tu ne te poses pas encore. Il a une chanson pour chaque moment de ta vie.

La démonstration en musique :

“Badlands” – Darkness on the Edge of Town (1978)

Tu ne sais pas par quel côté prendre la vie? Tu ne sais pas par où commencer? Le Boss, il te dit “I don’t give a damn!”, prend la par tous les côtés à la fois, soit un chien fou, arrête de te poser des questions et avance, prend des risques. Et si tu te plantes, tu sais que Bruce sera là pour toi.

En plus, il te le dit avec la permanente de Rod Stewart, un petit costume cintré et une voix en bout de course.

“The River” – The River (1980)

Le Boss te parle des désillusions, des rêves qui se fânent, et de cette sensation douce-amère quand on regarde en arrière, de la douce nostalgie, du temps qui cicatrise les blessures. Bruce, il trouve toujours les mots justes. Un vrai pote. Il a beau être devant des milliers de personnes, quand il sort son harmonica, c’est comme si on était juste autour du feu, entre potes, à descendre quelques canettes.

“Downbound Train” – Born in the USA (1984)

Admirez le port du singlet, l’assurance, le maintien.

Il te raconte comment lui, le Boss, aussi cool soit-il, il s’est fait abandonner par une femme. Il te raconte que ça fait mal, il te parle des souvenirs qui te rendent dingues, et des espoirs vains. Il te prend dans ses gros bras et il te dit : “Allez viens, on va boire une Bud sur le toit de ma maison”.

“I’m on Fire” – Born in the USA (1984)

Bruce, il aurait pu jouer dans des films de tendresse, être plombier, jardinier, livreur, ou comme ici, mécanicien. Quand il trouve une femme à son goût, il n’y va pas par quatre chemin, il lui demande sans détour, si son mec est à la maison, parce qu’il brûle de désir pour elle. Puis il lui dit que son mec ne lui arrive pas à la cheville à lui, Bruce. C’est l’approche ultra directe. Va savoir pourquoi, le clip a un scénario alternatif, où il se ravise au dernier moment et rebrousse chemin.

“Dancing in the Dark” – Born in the USA (1984)

Le Boss toujours prêt à sortir ses vieux potes, pour leur changer les idées, quand ils ont le moral dans les chaussettes. Il sait faire partager son enthousiasme, il sait toujours quoi faire et quoi dire, au bon moment. Ca, c’est Bruce tout craché! Le coeur sur la main, et le t-shirt bien dans le pantalon. Notez les ourlets qui laissent paraître les biceps.

“Glory Days” – Born in the USA (1984)

Le Boss, il peut manier un bull avec des Eagle Eyes, il sait jouer au baseball, et il danse dans des bouges tous pourris, avec ses potes qui sourient tout le temps. Il aime déconner et se rappeler les bons moments aussi.

“Better Days” – Lucky Town (1992)

Tu penses que tu as touché le fond? Tu penses que rien de bien ne peut plus t’arriver? Bruce te dit que c’est des couilles. Que tes lunettes sont pleines de merde et que si tu les nettoies, tu verras bien mieux. Le Boss, il est comme ça, il sait te mettre un coup de pied au cul, quand tu en as besoin.

“The Ghost of Tom Joad” – The Ghost of Tom Joad (1995)

Et parfois, le Boss te dit juste : “Mec, j’ai lu un super bouquin. Tu devrais le lire. C’est les Raisins de la Colère, de Steinbeck”. Alors, il prend sa vieille guitare, dans sa caravane pourrie, s’assied devant son piano à queue, et ça donne ça :