Sliding Flora

Avez-vous 12 minutes 32 secondes devant vous?
Alors, il faut que vous rencontriez Flora. Shibolet en Hébreu.
Shibolet exerce sa maladresse en tant que serveuse en tobogan, dans un café israélien.

C’est un adorable petit désastre qui fait tout de travers et ment de façon si jolie.
Coup de foudre garanti.
Shibolet…

Bonne expérience audiovisuelle à tous

Top 2016 – Reno – Pt 1/3 – Singles

top2016singles-reno

Premier volet de mon récapitulatif 2016 qui cette année comportera trois parties : Singles, Albums et une compilation funky de pleins de vieux morceaux issus de partout dans le monde.

Démarrons donc par une playlist de certains de mes morceaux préférés de l’année. Aucun des artistes de cette liste de me figure dans ma liste d’albums, même si certains ont livre des disques solides. Je ne m’épancherai pas trop par écrit dans cette section, rapid fire en ordre alphabétique :

Anderson .Paak – Am I wrong

Un de mes nouveaux venus hip hop preferes, solide voix et un batteur incroyable. L’album est excellent mais je sens qu’il fera beaucoup mieux encore. A suivre.

Andy Shauf – Early to the Party

Un gros ringard qui a écrit tout un album de chansons sur des gens mal-a-l’aise a une soiree. Au debut j’aimais pas. Mais apres j’aimais bien.

Avec Pas D’Casque – La Peur De Perdre

Leur album précédent, “Astronomie”, reste une de mes albums Québécois préférés. La formule ne change pas énormément sur leur nouvel opus, ce qui les empêche d’entrer dans ma glorieuse et enviable liste d’albums, mais ils livrent de nouveau une dizaine de chansons lancinantes et habitées.

Beyonce – Freedom (feat. Kendrick Lamar)

Peut-etre ma chanson preferee de l’annee. J’en reviens toujours pas d’adorer un album de Beyonce mais c’est comme ca. La performance avec Kendrick aux BET Awards était incroyable.

Bleu Jeans Bleu – Pantalon de yoga

Groupe Quebecois troisième degré qui me fait rire depuis des annees avec ses textes ridicules et mélodies putassières.

CHOCOLAT – Ah ouin

Le groupe rock/prog de Jimmy Hunt (qui a livre un album monstrueux en 2014). Cool.

Deakin – Golden Chords

Alors que Animal Collective sort une daube, l’un de ses membres sort un album solo délicat et merveilleux qu’il travaille depuis des années. Golden Chords est une des plus belles chansons de l’année.

John Congleton – Your Temporary Custodian

Certains comme moi se souviennent avec une larme a l’oeil du groupe The Paper Chase. John Congleton en était le chanteur. Depuis il est devenu un producteur super couru (St Vincent, Brian Wilson, Cloud Nothings, Angel Olsen, Xiu Xiu, Okkervil River, Micah P Hinson, Modest Mouse…). Cool album rétro cette année.

Kendrick Lamar – untitled 02 l 06.23.2014.

Kendrick a sorti un album de trucs qui lui restaient dans les tiroirs. Et c’est meilleur que 99% de ce qui est sorti cette année. Si on pouvait juste m’explique ce qu’il a ete FOUTRE avec Maroon5??? je m’en remets pas de ce coup la.

Let’s Eat Grandma – Rapunzel

Ouais ouais, y’a un gros cote Cocorosie. Mais c’est une cool chanson.

LVL UP – Hidden Driver

Comme une chanson retrouvée de Neutral Milk Hotel. J’ai pas l’impression que ce groupe fera des émules mais en attenant que Neutral Milk Hotel refasse quelque chose ça fait le boulot.

Marissa Nadler – Janie in Love

Marissa a sorti son meilleur album depuis Songs III cette année. Et sa meilleure chanson en carrière avec Janie in Love. Elle loupe mon top albums de peu.

Mitski – Your Best American Girl

Ma chanteuse avec grosse guitare électrique de l’année (voir Torres, Scout Niblett, etc).

PJ Harvey – The Wheel

Pas aussi solide que Let England Shake (ou du moins pas une aussi grosse surprise), Hope Six était tout de même excellent. Hate de la revoir live en 2017. woop woop!

Radiohead – Identikit

Bah oui quoi.

The Gaslamp Killer – Haleva

Le nouvel album fut une solide déception pour moi, mais il reste ce morceau génial qui rappelle les meilleurs moments de “Breakthrough”

Top 2016 – Johnny

Pour moi, 2016, c’est l’année du recyclage. Surtout des valeurs sûres, et quand même quelques nouveaux venus.
Pas très cuir, mais j’ai reçu quelques gifles musicales quand même, qui j’espère vous feront mal à vous aussi.

Nick Cave & The Bad Seeds – Skeleton Tree

Le film ‘One more time with feeling’ m’a coupé le sifflet. Par contre les morceaux de l’album ‘Skeleton Tree’ présentés dans le film, m’avaient laissé sceptique dans un premier temps, avec des paroles parfois simplistes, comme dans ‘I need you’, avec Nick Cave la voix presque absente, là où il est généralement habité.

Et puis au fil des écoutes, j’ai commencé à accrocher à la fragilité de sa voix, au nouveau Nick Cave :

Beaucoup de noirceur sur l’album évidemment, mais malgré tout, des morceaux comme ‘I need you’ et ‘Skeleton Tree’ respirent un peu plus. Et sur le sublime ‘Distant Sky’, on s’envole carrément, sur la voix de cette chanteuse qui ne manque jamais de me faire pleurer. Déchirant.

Leonard Cohen – You want it Darker

On reste sur du lourd, avec l’album d’adieu de mon chanteur préféré. Après le décevant ‘Popular Problems’, le sombrissime ‘You want it darker’ remplit parfaitement son contrat, avec la voix d’outre tombe de Leonard, et des arrangements minimalistes. La noirceur de l’album malgré tout régulièrement mitigée par la douceur d’un choeur, ou la caresse d’un violon. Une sortie de scène grandiose.

Sisters of Mercy – First and Last and Always

Le groupe des eighties nommé d’après la chanson de Leonard Cohen m’a obsédé par sa noirceur (promis, après j’arrête) et dans le même temps, par son énergie dansante. Attention batterie paf paf typique et lunettes noires.

Adam Green – Aladdin

On passe à quelque chose de plus léger, le merveilleux film en carton d’Adam Green, sur le thème d’Aladdin. Des couleurs criardes, de jolies filles, une imagination sans limite, et sa voix nonchalante. Un de mes meilleurs concert de l’année. Et un de mes films de l’année, pour un film libre et jouissif. Il s’éclate comme Mélies aux premiers jours du cinéma, avant son format actuel. Enfants non admis.

Le film en entier est disponible sur Youtube, ci-dessous :

Angel Olsen – My Woman

En fait, j’écoute surtout en boucle ‘Shut up Kiss me’, et son clip super fun, et le joli visage d’Angel.
Mention spéciale sexy attitude et palme d’or du patin à roulette.
Par contre, en concert, elle m’a un peu cassé les couilles. Billen pourra confirmer.

Chassol – Big Sun

Ma claque de l’année, Chassol, vu aux Feeerieen sur les conseils de Lio et Vainvain. Le film sur grand écran, Chassol et ses claviers, un batteur, et une ambiance de feu, pour une mise en musique du quotidien. Comme Rainman, qui compte tout ce qu’il voit, Chassol met en musique tous les sons qu’il entend. C’est obsédant.
Il faut prendre le temps de rentrer dedans, juste un tout petit effort.

Big Sun à l’Ancienne Belgique :

Indiamore :

Imarhan – Imarhan

Découvert aux Feeerieen également, un groupe de rock touareg qui claque.

La Femme – Mystère

Bon, je n’ai pas vraiment écouté tout l’album, parce qu’ils me gonflent un peu, mais le morceau ‘Où va le monde’ a l’insolence d’un morceau de caca qui brille sous le soleil de l’été. Et ça suffit. Je ne serai plus la bonne poire, c’est sympa comme phrase, non? Palme d’or franchouillarde, faut vraiment boire des demis à 8€ pour faire des trucs pareils.

Simon Joyner – Skeleton Blues

Depuis qu’on a découvert Simon Joyner par hasard à la Médiathèque de Braine, avec l’album ‘Heaven’s Gate’, quand on avait 16 ans, il n’a pas changé. Simple, discret. L’album ‘Skeleton Blues’ sorti en 2006, est au moins aussi mieux que les autres. Enfin, moi j’adore.

Boubacar Traoré – Kongo Magni

Blues Malien bien connu. Ici un petit coup d’accordéon pour Vainvain, en souvenir d’Eleni.

J’ai encore envie d’ajouter un bonus australien :

The Avalanches

Et plus ancien :

RTBF3 – Sensations

Une série de 4 épisodes de la RTBF3/Musique3, qui s’attache à faire apprécier la musique classique aux néophytes.
Fantastique, mais je ne sais pas où vous pourrez le trouver 🙂
Pour compenser, voici la vidéo d’un vieil homme :

Podcast Baby

podcast

Salut les petits cools,

Je me suis dis que, comme suggéré par Johnny, j’allais faire un petit post sur les podcast que j’écoute.

Ca fait bien 4-5 ans que j’écoute des podcasts. J’ai commencé à en écouter quand je travaillais sur un projet super loin de chez moi et que je me tapais trois heure de route par jour.

En général j’écoute ou bien des podcast de comédie ou bien de musique.

COMEDIE et CHIT CHAT

The Andy Daly Pilot Project Podcast

Le comédien Andy Daly imagine des pilotes de podcasts.

Je vous conseille de commencer par un de ces deux épisodes:

  • ” Eye on theatre with Don Dimelo”
  • ” The Travel Bug with August Lindt”

https://itunes.apple.com/au/podcast/andy-daly-podcast-pilot-project/id774375605?mt=2

Comedy Bang Bang

Podcast comique improvisé avec une chiée de comédiens américains dont Zach Galifianakis, Amy Poehler, Andy Daly, Jon Daly, Adam Scott, Seth Morris. C’est vachement bon en général.

https://itunes.apple.com/au/podcast/comedy-bang-bang-the-podcast/id316045799?mt=2

Armstrong and Miller – Timeghost.

Un de mes podcasts préféré. Deux comédiens anglais qui jouent deux critiques culturels qui parlent de culture, de leurs chats, de Madonna. Ca prend un peu de temps pour se mettre dedans mais je trouve ça excellent.

https://itunes.apple.com/au/podcast/armstrong-miller-timeghost/id285799039?mt=2

U talking U2 to me?

Deux comédiens Scott Aukerman et Adam Scott discutent tous les albums de U2. Ils ne parlent pas des masses de U2 en fait mais sont bien marrants. 

https://itunes.apple.com/au/podcast/u-talkin-u2-to-me/id824532280?mt=2

The New Yorker Fiction

Plus sérieux. Dans chaque épisode, un écrivain lit une nouvelle d’un autre écrivain et puis discute un peu avec la presentatrice. J’ai découvert pas mal d’auteurs cool via le podcast.

https://itunes.apple.com/au/podcast/the-new-yorker-fiction/id256945396?mt=2

Affirmation Nation with Bob Ducca

Encore un truc de comédie.

https://itunes.apple.com/au/podcast/affirmation-nation-bob-ducca/id441140935?mt=2

WTF with Marc Maron

Bon c’est hyper connu et il a maintenant interviewé Obama de son garage mais il y fait comme meme parfois de bonnes interviews dont celle d’Iggy pop.

ZIQ

Reverberation Radio

Juste de la musique. Mixtape éclectique de soul, folk, musique psyché turque, musique francaise de hippie, rock japonais, etc.. Souvent de la bonne came.

https://itunes.apple.com/au/podcast/reverberation-radio/id520739212?mt=2

Doodcast

Podcast irlandais de musique psychédélique. Principalement de la musique mais le gars fait un commentaire de temps en temps. Il y a toujours une tonne de reverb sur sa voix et il parle toujours à un gars qui n’est jamais là parce qu’il est ou bien en Australie ou au Texas. Je pense que le mec du podcast est le tour manager de Tune Yard en Europe.

Aquarium Drunkards

Si vous aimez la folk et la country rock, vous êtes au bon endroit. Leur site internet est vraiment bien aussi.

Les derniers épisodes qui sont sortis sont des interviews mais tout ce qui est avant ca, c’est des mixtapes. Commencez par exemple par la “Sidecar : Eleventh Transmission” pour donner une idée.

https://itunes.apple.com/au/podcast/aquarium-drunkard-sidecar/id142891498?mt=2

Nova Club avec David Blot

Radio Nova. Tout le monde connait.

https://itunes.apple.com/au/podcast/nova-club/id699732368?mt=2

NPR Tiny Desk Concert

Petit concert de la radio NPR. Il y a souvent du bon dont une session géniale de Bombino.

https://itunes.apple.com/au/podcast/tiny-desk-concerts-audio/id657476401?mt=2

The Watt From Pedro Show

Podcast de Mike Watt, le bassiste de “The minutemen”. Il a aussi joué avec Iggy Pop. Il passe juste ce qu’il aime et interview souvent un musicien. Le podcast commence toujours avec une chanson de jazz mais le reste est principalement du rock. Pas mal de trucs obscures et intéressants. Puis Mike est un mec cool.

https://itunes.apple.com/au/podcast/the-watt-from-pedro-show/id79745987?mt=2

Rising Storm

Juste des mixtapes.

https://itunes.apple.com/au/podcast/the-rising-storm-podcast/id360029502?mt=2

Brian Wilson presents Pet Sounds – Montreal 7/7/2016

brianwilson

Des mois que j’attends ce moment. Une salle remplie de septuagénaires aux cheveux gris (lorsqu’il y en a) qui tapent dans les mains pour donner le rythme à un papy plus tout à fait avec nous, immobile derrière son piano, qui chante majoritairement faux. Sauf que ce papy, c’est Brian Wilson, le cerveau des Beach Boys, et avec son groupe il réinterprète son album “Pet Sounds” de A à Z ainsi qu’une foule d’autres succès de la période de gloire des Beach Boys.

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Je savais dans quoi je m’aventurais, j’avais déjà vu Brian en 2004-2005 (?), avec ma maman, sur la tournée qui avait suivi la parution de “Smile”, 40 ans après le début de l’enregistrement. C’est pas une bête de scène notre Brian, il a perdu beaucoup de sa voix et clairement les décennies passées sous médication ont laissé des traces. Cette fois-ci il a passe la totalité du concert assis derrière un petit piano à queue noir, face au public. Impossible de dire s’il joue réellement quelques notes ou pas. Sur certains morceaux il se contente simplement d’introduire les chanteurs et reste ensuite droit comme i, sérieux comme un pape durant toute la chanson. Ça peut être décevant pour ceux qui s’attendraient a voir un Brian Wilson tout feu, tout flamme, mais son rôle s’apparente maintenant à celui d’un chef d’orchestre et c’était ici probablement la dernière opportunité d’entendre ces chansons en présence du maître, jouée comme il les entendait dans sa tête.
Ce rôle de chef d’orchestre n’est finalement pas si différent de celui qu’il jouait à l’époque de l’enregistrement de “Pet Sounds”. Il avait alors décidé d’abandonner les concerts (qui étaient donc assurés par le reste du groupe) pour s’isoler en studio avec le “Wrecking Crew”, un groupe de musiciens studios professionnels et anonymes qui ont enregistré d’innombrables classique (il y a un très bon documentaire sur eux si ça vous intéresse). Revenus de tournée les autres membres n’ont plus ou moins plus eu qu’a enregistrer leurs harmonies vocales.
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En tant que chef d’orchestre, il a assemblé ici un groupe de 11 multi-instrumentalistes virtuoses pour réinterpréter son album phare, invitant également au passage Al Jardine, un autre membre fondateur des Bach Boys à se joindre à lui pour la tournée. Entendre un album qu’on adule comme ça en concert, joué dans l’ordre, peut se révéler décevant mais ici ça prend tout son sens. Voir les musiciens passer d’un instrument à l’autre, observer les progressions, permet de pleinement réaliser la complexité de l’oeuvre. Difficile de concevoir qu’une personne ait pu imaginer tout cela dans sa tête et soit ensuite parvenu à le communiquer afin que cela devienne réalité… Le groupe qu’il a réuni contenait également une arme secrète, Matt Jardine, le fils de Al Jardine, qui possède une voix magnifique. Il a assure durant tout le spectacle la majorité des harmonies sans une seule fausse note, avec un timbre quasi identique que le groupe a l’époque. Bluffant. Sa version de “Don’t Worry Baby” a presque volé la vedette a l’album qui était célèbre ce soir la. Larme a l’oeil.
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Brian ne s’est pas montré avare avec le public (il pouvait bien vu le prix de la place). Une bonne dizaine de chansons de la belle époque pour débuter. Heroes and Vilains en ouverture, splendide, on y retrouve en fait tous les éléments qui donneront le prog-rock des années plus tard. Quelques classiques comme California Girls, I Get Around, Surfer Girl, etc. Un autre invité fait une apparition, Blondie Chapman. Il a fait partie du groupe pendant quelques années après la période de gloire et est une présence insolite ici, en décalage complet avec le reste du spectacle. Il se lance dans des grands solos de guitare Hendrixiens et saute d’un bord à l’autre de la scène… d’accord… merci Blondie. Ensuite Pet Sounds et Good Vibrations en clôture. Et puis en rappel tous les tubes dansants du groupe, Help me Rhonda, Surfin USA, Fun Fun Fun, Barbara Ann… De quoi décrasser les genoux du public et mettre à rude épreuve plusieurs prothèses de hanche. Faut oublier le contexte et se laisser aller pour véritablement profiter mais le public et moi sommes aux anges.
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Un seul regret, pas une seule chanson de l’album de noël des Beach Boys…
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petsounds2

c’est la fête ! – vol 2

Fete-Vol2

 

Vous aimez bien faire la fête et la musique mais bizarrement ces deux aspects de votre vie semblent incompatibles ?  Envie de vous tirer une balle dès les premières notes du “Lacs du Connemara”? Les playlists “C’est la fête” sont là pour vous! Parce que bonne musique et bonne ambiance peuvent faire bon ménage, ces compilations vous proposent 50 chansons de tous bords pour assurer la fête sans mettre en danger votre santé mentale. A écouter en mode “shuffle”.

Le grand cirque d’Alice Cooper – 21/06/2016

Je l’avais toujours pris pour un clown maléfique ringard. Et puis, un jour, j’ai écouté Billion Dollar Babies et Killer. Et en fait c’est un clown maléfique ringard et c’est génial.

Alors quand mon Oncle m’a annoncé qu’il se produisait au Cirque Royal, on a sauté sur l’occase.
Et on a pas été déçus.

On pourrait se dire que ça va être craignos, un sexagénère avec une mauvaise teinture, qui fait des grimaces pathétiques, devant un public bedonnant. Ah oui, mais Alice, il a le sens du spectacle. Il sait qu’il est vieux, mais il sait comment te le faire oublier! Avec des canons à confettis, avec des canons à fumée, avec des canons à bulles de savon, avec des flammes et des feux d’artifice!

En raison de cette pléthore d’effets spéciaux, les faits décrits dans ce post sont susceptibles de ne pas correspondre entièrement à la réalité, mais à l’image que je me suis fait de la réalité, étant en choc visuel permanent.

Sur la scène, le regard lugubre d’Alice Cooper sur une énorme toile. Et puis le “tin-tin-tin” de “No More Mister Nice Guy” retenti, la toile tombe, et voilà Alice, ce satané sexagénère, dans son beau costume rayé noir et blanc.
Il enchaîne sur “Under my Wheels” et déjà j’exulte.

Après ça, tout est confus… Les flammes, les confettis, la ballerine mécanique, Alice qui agite des dollars empallés sur une épée au dessus du public, “Billion Dollar Babies”, la guitariste qui n’arrête pas de balancer ses onglets dans le public, “Poison”.
Sur “Feed my Frankenstein”, Alice est attaché sur une machine électrique, pfuiiiiit, fumée, beaucoup de fumée, très beaucoup de fumée, Alice a disparu et un géant de 5 mètres de haut se met à courir derrière une infirmière sexy.

L’infirmière revient avec Alice et lui met une camisole.
Arrive la guillotine, le bourreau, et paf, la tête dans un panier, grosses projections de sang. Le bourreau l’exhibe fièrement. “I love the Dead”

Mais le docteur et l’infirmière sexy vont ramener son corps à la vie, dans un cimetière brumeux, entre les tombes de musiciens célèbres. Alors il enchaîne sur une reprise des Who, de Jimi Hendrix “Fire”, de David Bowie “Sufragette City” et de Mötorhead.

Il termine sur “School’s out” et revient pour “Elected”, coiffé d’un haut de forme, et rejoint par deux marionettes humaines, Donald Trump et Hillary Clinton, qui se tabassent et s’embrassent. Canon à serpentins, feux d’artifices, c’est fini.

Ce qui est sûr, c’est que quand tu mets 40 balles pour ton billet, Alice Cooper investit chaque centime dans son show, plutôt que dans un projet de tour triangulaire avec un oeuf au sommet pour satisfaire l’ambition mégalomaniaque d’un groupe irlandais ayant perdu l’inspiration depuis les années 80.

Si j’avais un gamin, plutôt que de l’emmener au cirque Bouglione, je l’emmènerait au cirque burlesque macabre d’Alice Cooper, ça ne fait aucun doute. C’est le meilleur show de tous les concerts que j’ai pu voir, sans hésitation! A ne pas manquer!!!

Si vous voulez entendre ce que Franck Zappa a à dire sur Alice Cooper :

At the Drive-In @ Ancienne Belgique 01/04/2016

La soirée qui aurait rendu Reno malade!
D’un côté, à l’Ancienne Belgique, At the Drive-In, reformé après 15 ans de séparation.
De l’autre côté, au Botanique, Animal Collective.
Heureusement, étant à Montreal, il n’a pas du faire ce terrible choix, et n’aura vu aucun des deux.
Pour moi, il n’y a eu aucune hésitation 😉

Donc, dans l’épisode précédent, At the Drive-in, au sommet de sa gloire, avec la sortie de Relationship of Command, en 2000, dans la foulée d’une tournée, laissée inachevée, se sépare, en 2001.

15 ans plus tard, me voilà devant l’Ancienne Belgique, avec des attentes irréalistes et l’appréhension de les voir déçues.

Les Butcherettes ouvrent la soirée. Blablabla on s’en fout. Suivant.

Les voilà qui montent sur scène! Omar Rodriguez-Lopez, Cedric Bixler Zavala, le gars qui tape avec des bout de bois sur des caisses, et celui qui joue la guitare à 4 cordes. Jim Ward a décidé en dernière minute de rester à la maison, et est remplacé par cet autre type qui gratte une planche à 6 cordes. Je ne sais pas si c’est pour une histoire de fer à friser ou de poupée vaudou égarée.

Tout de suite, je voudrais casser le suspense. Un concert de At the Drive-In, ça commence avec Arcarsenal et ça termine avec One Armed Scissor. Entre les deux, quasiment tout l’album Relationship of Command, et quelques plus anciens morceaux. Pas de nouveautés, par contre Bixler parle d’un nouvel album. Faut-il le croire? J’aurais tendance à dire non.

Donc tout de suite ça balance fort. A gauche, Rodriguez-Lopez fait aller sa guitare comme un Jimmy Page, au centre, Bixler saute du haut des amplis, s’étrangle avec le cable du micro, se déhanche comme un possédé et direct se jette dans le public.

Ils n’ont rien perdu en énergie et en talent. Faut dire, que c’est pas des Fred Durst qui jouent à Yatzee, sur les chiottes, depuis 10 ans. Mars Volta les a gardé affutés. Peut-être même qu’ils sont plus pros qu’avant, tout en restant sauvages?

Devant, ça saute grave, et les refrains sont repris en coeur. Personellement, je n’ai jamais compris un mot de ce qu’ils criaient.

Un petit mot sur les attentats de Bruxelles. Peace & Unity.

Invalid Litter Dpt et Enfilade. Bixler sort le mélodica.

One Armed Scissor en rappel. “I think you might know this one” qu’il dit!

A part l’absence de Jim Ward et de sa voix de gueulard, il n’y a vraiment rien à redire. Ils jouent tout ce qu’on peut espérer qu’ils jouent et le font à fond la caisse. Ca donne envie de gueuler dans un groupe et d’avoir encore des cheveux. Et tous ceux qui disent le contraire sont des pisse-vinaigre ou des fans de Animal Collective.

OK, je suis un peu de mauvaise fois, mais putain, c’était bon.
Pour comparer avec il y a 15 ans :

Mon hiver metal – Black Sabbath vs Iron Maiden

J’ai récemment eu l’occasion de voir deux légendes du métal sur scène, ce qui me permet de me livrer a un agréable petit exercice de comparaison. En guise de préambule, je tiens a souligner que je suis relativement ignare en ce qui concerne la discographie de ces deux groupes, mais je les apprécie a distance.

Entree sur scene 
Black Sabbath : Vidéo de bâtiments en feu, de pleins de choses qui brûlent, puis “Black Sabbath” en lettres de feu. Ils aiment les trucs qui crament visiblement. Le rideau tombe, Ozzy est sur scène en grand prêtre satanique, son groupe discret derrière.
Iron Maiden : Vidéo de leur avion pris dans la jungle, un Eddy géant s’en empare et le lance dans les airs, il decole… chanteur seul sur scène dans un décor de temple maya, flambeaux, fumée, un autel propice a une petite incantation, solo vocal, puis le groupe apparaît
Gagnant : Iron Maiden
Costumes
 
Black Sabbath: Ozzy en long imperméable de cuir noir, le reste du groupe banal
Iron Maiden : Le chanteur en pull a capuche tout ce qu’il y a de plus commun, par contre le reste du groupe est incroyable, comme si les années 80 ne s’étaient jamais terminées. Vestes en jeans sans manches, pantalons moulants troues, coiffures magnifiques de Hair Metal.
Gagnant : Iron Maiden
Show
Black Sabbath : Projections de feu en arrière du groupe. un petit coup de chalumeau de temps en temps.
Iron Maiden : Décor de temple maya.  Arrière fond qui change toutes les chansons (eddy dans la foret, eddy sur le champs de bataille, eddy a la plage, eddy a la piscine, eddy tond la pelouse). Un vrais eddy qui arrive sur scene pour se battre avec le chanteur, qui gagne le combat, lui arrache le coeur, le tord entre ses mains dégoulinantes de sang et le jette dans la foule. Des eddy gonflables géants. Pyrotechniques en tout genre.
Gagnant : Iron Maiden
Setlist
 
Black Sabbath : J’ai reconnu Iron Man et War Pigs. Le public semblait aux anges. Un homme proche de moi a chante toutes les paroles de toutes les chansons. Impressionnant. Un concert Best-of vu que c’est leur tournée d’adieu
Iron Maiden : Fear of the Dark, Number of the Beast, Iron Maiden… et pas mal de chansons que je ne connaissais pas, anciennes mais aussi nouvelles vu qu’ils faisaient la promotion d’un nouvel album (qui, de ce que j’ai entendu, ressemble a tous leurs autres albums).
Gagnant : Égalité
Chanteurs
Black Sabbath : Ozzy n’a plus tout a fait la voix de ses jeunes jours, et il n’était pas non plus gâté par le mix. Ceci dit, il n’a probablement plus toutes ses facultés non plus. De loin, il ressemble plus a ma grand mère qu’a un chanteur de métal. Sharon lui a refait sa teinture avant qu’il prenne la route.  Entertainer hors pair, il semblerait qu’il ait reçu quelques conseils de Patrick Sebastien. Et tout le monde met ses petits bras en l’air, a gauche, a droite, on tape dans les mains, a vous le public, les briquets, et un super “ole ole ole oleeeeee” footballistique final, complètement en décalage avec la musique mais assez attendrissant.
Iron Maiden : Pro jusqu’au bout des ongles. Show chorégraphié dans ses moindres détails, changements de costume, voix impeccable. Il n’y aucune place pour de l’improvisation mais c’est extrêmement efficace.
Gagnant : Iron Maiden
Conclusion
 
Un show savamment orchestré avec un groupe pro qui peaufine la recette du show metal parfait sans interruption depuis 30 ans d’un cote, un show qui ressemble plus a une dernière tournée de tiroir caisse retraite en Floride par un Ozzy grille mais attendrissant de l’autre. En amateur de metal modéré je vais prendre le premier, avec un petit plaisir coupable, mais je succombe a la démagogie de ce groupe qui m’offre tous les cliches que je suis venu chercher a un show d’Iron Maiden.
vs
(Y’a des tares qui filment tout un concert)

Scout Niblett @ Beursschouwburg 12/04/2016

Ca faisait beaucoup trop longtemps que je n’avais plus vu Scout Niblett. Depuis sa calcination en 2010.
Depuis lors, It’s up to Emma a tourné tellement de fois sur mon lecteur MP3, qu’il en est mort.
Je me languissais donc de la revoir, et interpréter les morceaux de It’s up to Emma.

Pour l’occasion, c’est le Beursschouwburg qui l’accueuille, dans sa salle chaleureuse et branchouille.

On ouvre sur Adele Nigro, chanteuse du groupe italien Any Other. Avec son look un peu grunge, toute seule avec sa guitare, un peu timide, mais une voix qui assure bien. Ca aurait plu à Bruno! Et pour moi, ce soir là, ça a bien fonctionné.

Puis arrive Scout. Cheveux courts, seule, détendue.
Elle ouvre sur un morceau que je ne connais pas. Quelque chose avec “it ain’t no Disneyland”.
Puis un “Just do it”, disto à fond la caisse, tapotant sur les cordes. Elle crachote “I’m a doer!” avec rage.

Elle lance un “Any Questions?”. Where is the band? demande quelqu’un. They were fired!
OK Scout.
The calcination of Scout Niblett, My beloved, puis Your last chariot.
Elle tape du pied. Comin’ to get ya, comin’ to get ya! Et termine sur un petit sanglot.


Du coup, elle enchaîne sur Gun et ça fait du bien. La guitare crache de nouveau.
Sale et jouissif.


Encore quelques nouveaux morceaux. Elle annonce un nouvel album pour très bientôt.
Kiss
Elle accorde sa guitare.
What can I do, Meet and Greet…


Pas de rappel
C’est intense et ce matin je l’entendais encore hurler dans mes oreilles : “Oh baby, what can I do”